Une histoire préméditée : Chapitre 98

*Point de vue de Chérine*

Plusieurs jours ont passé. Je n’arrive pas à voir le temps passer, mais je crois que je commence à m’y faire. Je ne sais pas encore combien de temps ce petit jeu durera. C’est une danse, un slow avec la mort que je danse. Un slow qui me brisera et me laissera retomber à plat.

La porte s’ouvre. Je reconnais la démarche de cet homme s’avancer près de moi. C’est l’heure de manger. Il vient nous nourrir. Je suis ici depuis tellement longtemps que je peux le reconnaître, lui et ses habitudes. Il vient deux fois par jour, la première fois pour nous donner à boire et la deuxième fois pour nous donner à manger. Jamais rien de gastronomique, jusqu’ici j’ai mangé du cassoulet et de la soupe qu’il me donne à l’aide d’une paille.
Pour ouvrir la porte, il enfonce la clef dans la serrure et ouvre d’un coup sec. Il reste silencieux et nous parle le moins possible.
Vincent ne parle pas. Je me demande dans quel état il est. Je regrette tellement de l’avoir foutu dans une merde comme ça…

J’entends d’autres pas en décalage de celui que l’homme qui nous à enlever. Oui, il n’est pas seul !
Une main se pose contre moi, ce n’est pas celle d’un homme.

« Je ne t’ai pas trop manqué ? »

Je reconnais immédiatement la voix de ma mère, qui celle-ci me frappe en me donnant un coup à la tête. Je tombe avec la chaise, assommée, tremblant de tous mes membres.

« Alors, petite garce, tu pensais m’échapper ? HEIN?! »

Le foulard qui me bande les yeux s’humidifie de mes larmes. J’en étais sûr de l’avoir sentie, je le savais ! Je le savais putain ! Quelle conne ! Je me hais de ne pas m’être écouter, je me hais de ne pas avoir fait attention, mais je ne comprends pas. Je ne comprends pas pourquoi Anthony et ma mère peuvent se connaître, comment ils peuvent avoir organisé ça ? Je ne comprends plus, je suis littéralement paumée, désorientée, bouleversée…
Je veux mourir.

« Relève-la » Dit ma mère d’une voix qui laisse paraître la haine.

Anthony s’exécute.

« Occupe-toi de ce son cher copain. Je m’occupe moi-même de ma fille. » Annonce ma mère.

À ce moment-là, j’ai du mal à saisir ce que cela veut dire. Je reste là, les pensées brouillées, paralysée… J’ai peur. Tellement peur, que je finis par m’uriner dessus…
Je veux mourir, je veux mourir.

« Ma mère- Ah elle s’est pissée dessus en plus ! Crasseuse ! Ça va sentir encore plus mauvais maintenant, petite conne ! »

Je reçois une gifle, mais ma peur est tellement forte que je ne ressens plus rien. Comme si que je partais, que je me déconnectais de l’instant présent, ou même du monde.
Ses mains me décrochent le foulard qui m’empêchait de percevoir ce qu’il y avait autour de moi. Je cligne des yeux plusieurs fois, rapidement, j’ai mal. Ça brûle, ça pique ! J’ai même l’impression d’avoir envie d’éternuer.

La pièce n’est pas sombre du tout, il y a de la lumière, mais je n’arrive pas à voir clairement. J’ai comme des taches noires qui me brouillent la vue. Sur le coup, je ne comprends pas bien ce qu’il se passe et cela pour la deuxième fois déjà.

Que va t-il se passer ?

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