Une histoire préméditée : Chapitre 76

« Chérine- Et bien…
Moi- Attends, tu te drogues et tout le monde est au courant à part moi ? Tu te fiches de moi là ? C’est une blague ? Chérine, déconne pas là ! Dit-moi que c’est faux ! Je t’en supplie Chérine, dit-moi que c’est faux !
Chérine- J’aimerais, Vincent… Dit-elle laissant deux larmes couler sur sa joue. »

Mon cœur se sert et me submerge d’une douleur abominable à en laisser couler moi aussi une larme.

« Moi- DIT-LE ! DIT-LE BORDEL ! Lui hurlé-je dessus. »

Elle secoue la tête pour dire non, laissant les larmes couler sur son visage. Je me relève et commence à partir. Chérine me rattrape, mais je ne dis rien… J’aimerais la repousser, mais je ne le ferais pas. Je ne le ferais pas pour la faute que j’ai commis une fois et je ne le ferais pas car je suis incapable de lui résister. C’est bien plus qu’une fille ordinaire à mes yeux.

« Chérine- Je vais t’en dire plus, je te le promets, mais reste. Reste ou bien je fous tout en l’air. Vincent, je te le demanderais qu’une fois, reste s’il te plaît. Ne m’abandonne pas. Non, pas toi. Ne m’abandonne pas, s’il te plaît. »

Les larmes coulent sur son visage, comme si que si je disparaissais de son champ de vision, tout son monde allait s’écrouler. Elle s’arrête et reprend :

« Chérine- Le sommeil est vitale. L’eau est vitale. La nourriture est vitale. Mais ce qui me fait le plus peur Vincent… C’est que tu le deviennes toi aussi. Si ce n’est pas déjà fait… Alors, si toi aussi tu tiens à moi, rien qu’un peu, que ce qu’il se passe n’est pas que du vent, reste. Reste… »

Je prends une grande inspiration pour ne pas laisser mes émotions se faire voir, bien que je sois profondément touché par ses paroles qui me font rêver.

« Moi- Assaillons-nous et parlons. Je t’écoute. Dit-je une fois assis dans l’herbe.
Chérine- Je l’ai consommée. C’est comme ça que je m’en suis débarrassée. Tu voulais savoir, maintenant tu le sais. Je ne savais pas que ta sœur se droguait. J’étais au courant pour Logan. Il l’était pour moi. Tout le monde ou presque l’était pour moi. Sauf que je n’ai rien dit du tout, c’est eux qui s’en sont aperçus et qui se sont tus. La drogue provoques des excès de colère, des moments de déconnexion… Du moins, pour les gens dépressif. Un peu comme Logan quoi…
Moi- Il…
Chérine- Oui, il est dépressif.
Moi- Et le jour où on c’est tombé dessus, il…
Chérine- Non, il était cligne. Il était cligne, mais sur les nerfs. Je crois que tu n’imagines pas à quel point c’est dur de mener une double vie…
Moi- Une double vie ?
Chérine- Alors, oui je me drogue. Et oui les étoiles m’apportent de l’espoir. L’espoir que ma mère finisse par guérir un jour ou l’autre. Qu’elle se fasse enfermer en hôpital psychiatrique, car elle est en danger. L’espoir de pouvoir revoir mon grand-père un jour, parce qu’il me manque terriblement… Lui, mon cheval… J’ai toujours été solitaire. Seule, avec la drogue. Seule, avec l’alcool. Seule, avec la clope. Seule, avec moi-même et mes démons intérieures. Seule, contre tous. Seule, contre moi. Seule, toujours seule et c’est comme ça.
Moi- Mais…
Chérine- Non Vincent. Je sais très bien que je viens de me contredire, mais on peut être avec soit-même et contre soit-même à la fois. Tu ne penses pas ?
Moi- J’ai un peu de mal…
Chérine- Le texto au bar. Dit-elle le regard évasif, puis reprend : C’était pour acheter. Dit-elle déglutissant, puis poursuit : Mon dealer m’attendait ce jour-là.
Moi- T’es accro ?
Chérine- Je l’ai été.
Moi- Et maintenant ?
Chérine- Tu m’as vu trembler ? Faire des crises ? Hurler ? Pleurer ? Ou je ne sais quelle autre bizarrerie encore ?
Moi- Non…
Chérine- Je ne le suis plus, depuis un an. Je fume encore. Un peu trop à mon avis, mais je diminue et augmente en fonction du temps, de moi ect… Mais une chose est sur, c’est que je suis sevrée depuis un an et être ici avec toi, dans un état tout à fait cligne sans effet diverse le prouve bien. Je ne suis pas une délinquante pour autant, Vincent.
Moi- Tout s’embrouille dans ma tête, c’est flou…
Chérine- C’est pour ça que je te repoussais. Toi ainsi que tout le monde en général. C’est pour ça que je me fais appeler C la plupart du temps. Rien de bien compliqué…
Moi- Je comprends mieux… Enfin, je crois.
Chérine- Je t’ai dit assez de choses sur moi pour ce soir. Et si on parlait de toi maintenant ? Ça t’a fait du bien d’avoir Alexia, Noah et ta sœur au téléphone ?
Moi- Oh oui ! Je suis rassuré pour ma sœur. Elle se tient tranquille, parait-il.
Chérine- Et Noah ?
Moi- Noah, comme d’hab. Il bosse sur ses études, il sort à l’occasion, il s’occupe de ma sœur chérie.
Chérine- Tant mieux alors !
Moi- Mais Alexia m’inquiète…
Chérine- Pourquoi ?
Moi- Elle ne m’avait pas l’air bien…
Chérine- Tu n’as donc jamais remarqué ?
Moi- De quoi ?
Chérine- Ecoute bien sa voix la prochaine fois. Ecoute-la bien. Il faut se méfier des apparences parfois…
Moi- C’est bizarre, j’ai l’impression d’avoir déjà entendu ça quelque part !
Chérine- Ah oui ?
Moi- Oui… C’est étrange.
Chérine- Mais…
Moi- Mais ?
Chérine- Pourquoi ta sœur reste chez Noah ? Je comprends que tu as peur pour elle, mais ta mère est là, non ?
Moi- Bah… En fait…
Chérine- Je t’écoute.
Moi- Je crois que ça mérite de remonter en arrière. Avant que tout ça se passe. Parce que j’ai bien réfléchi à certaines choses et trop de choses cloche.

Cliquez ici pour lire la suite !

Laisser un commentaire