Une histoire préméditée : Chapitre 50

On ne réagit pas immédiatement, on prend bien une bonne minute avant de descendre ouvrir. C’est Chérine ! Je me demande bien ce qu’elle fait ici.

« Chérine- Hey ! Dit-elle gênée.
Moi- Salut ! Euh… Entre, vas-y. »

Je lui dis bonjour, Adriana fait de même.

« Chérine- Je ne vous dérange pas ? »
Adriana- Non non.

Je souris nerveusement.

« Chérine- Tant mieux ! J’étais passée pour prendre des nouvelles… Hier, je ne t’ai pas vu en cours, on devait se voir et tu as annulé et aujourd’hui tu n’es pas venu non plus… Je me demandais ce qu’il se passait…
Moi- Adriana était à l’hôpital.
Adriana- Rien de grave ! »

Chérine s’apprête à parler, mais Adriana la coupe. Elle sait déjà la question que Chérine allez poser.

« Adriana- Un petit accident ! »

Chérine sourit. Pour être franc, je suis complètement ailleurs. Je repense au passeport. Comment c’est possible ? Ça me perturbe ! Et je vois bien qu’il en est de même pour Adriana. C’est déconcertant…

« Chérine- Je ferai mieux de repasser… Dit-elle, en vue de nos mines. »

Je la retiens par le bras. Elle me regarde avec des yeux d’enfant et sourit timidement. Elle me fait craquer… Elle est splendide…

« Adriana- Bon, bah, je vais vous laisser, moi ! »

Adriana monte à l’étage. Un silence prend place…

« Moi- Reste. S’il te plaît… »

Elle sourit et dit :

« Chérine- Je reste.
Moi- Enfin… Tu peux partir si tu en as envie.
Chérine- Je veux rester. »

Je lui souris à mon tour. L’ambiance est assez bizarre, comme si une tension régnait. Pourtant, ce n’est pas le cas, mais elle comme moi sommes assez tendus.

« Moi- Tu aimes quoi, à part les étoiles et l’écriture ?
Chérine- Monter à cheval, les films d’horreur, la musique, le piano…
Moi- Tu joues du piano ?
Chérine- Oui, un peu. »

Elle sourit.

« Chérine- Et toi, à part la boxe et les étoiles ?
Moi- Sortir, plus précisément faire la fête. J’aime aussi les films d’horreur… Non pardon, j’adore ça ! Dis-je, rigolant. Puis, j’aime aussi la musique et je sais jouer un peu de piano, aussi.
Chérine- Oh, je vois. Tu écoutes quoi comme musique ?
Moi- En soirée, plutôt du skrillex, remix, puis les « incontournables » (celles que la majorité de la population aime et écoute). Et en temps normal, de tout ! Et toi ?
Chérine- C’est plutôt ça aussi ! J’aime particulièrement un certain style. Enfin, une musique en particulier, que j’écoute souvent.
Moi- Laquelle ?
Chérine- Tu veux l’écouter ?
Moi- Je suis curieux de savoir ce que ça peut bien être, oui !
Chérine- On va dans ta chambre ? »

On monte à l’étage. Je nous enferme dans la chambre, histoire de ne pas être dérangés. J’attrape une paire d’écouteur et m’allonge sur mon lit. Chérine se place à côté de moi, on partage tout deux un écouteur, elle lance la musique via son téléphone portable…
La musique :

J’écoute les paroles attentivement. Je ne suis pas très doué en langue, mais je comprends bien le signification de la musique. Elle est juste magnifique. Je comprends pourquoi Chérine l’aime tant. Les larmes me montent même aux yeux à plusieurs reprises. En observant bien Chérine, je vois bien que la musique la touche particulièrement. Il se passe quelque chose, même si je ne saurais pas dire quoi exactement. J’ai l’impression de l’avoir perdue, qu’elle a quitté la terre et qu’elle est partie mentalement dans un autre univers, loin, très loin du notre. Elle a les yeux qui scintillent, tels des étoiles. Elle semble émue, soulagée et à la fois frustrée. Elle me fait passer plein d’émotions en même temps, c’est juste incroyable…

« Moi- Elle te touche particulièrement cette musique, pas vrai ? Dis-je, une fois la musique finie.
Chérine- Effectivement oui… Dit-elle dans un souffle.
Moi- Tu es déjà tombée amoureuse ?
Chérine- Jamais.
Moi- Tu n’es jamais sortie avec un garçon ? Tu… Tu n’es pas bi, hein ? »

Chérine explose de rire. Je précise que je n’ai rien contre les filles bi ou lesbiennes ! C’est juste que… Ce serait dommage qu’elle le soit.

« Chérine- Non, je suis hétéro ! Et si, je suis déjà sortie avec des garçons. Quelques-uns, mais… Ça ne s’est pas vraiment bien fini.

Moi- Comment ça ?
Chérine- Il y en a eu trois. Je n’ai jamais été réellement amoureuse. J’ai été attachée, j’avais des sentiments, bien sûr que oui ! Mais de l’amour, non je ne pense pas. Et pour répondre à ta question, le problème ne venait pas d’eux, mais de moi… »

Je la questionne du regard.

« Chérine- Faut pas s’attacher à moi, Vincent. Faut pas. »

Cette phrase me rappelle étrangement la phrase qu’elle m’a dit le soir de la fête, celui où j’ai dormi chez elle.

« Moi- Sauf moi, bien évidemment.
Chérine- Et toi, tu es déjà tombé amoureux ?
Moi- Non. Je n’ai jamais eu de relation sérieuse d’ailleurs… Enfin, ça, tu dois t’en douter. »

Elle détourne le regard, agacée.

« Moi- Bah quoi, c’est vrai !
Chérine- Pourquoi tu fais ça, Vincent ? T’es un garçon intelligent, drôle, t’es plutôt beau, tu es aimé de tout le monde, tu es sociable… Tu pourrais tellement trouver l’amour facilement, comparé à d’autre !
Moi- L’amour Chérine ? »

Je rigole et reprends :

« Moi- L’amour, c’est n’importe quoi. Tu finis toujours le cœur en miette.
Chérine- Aurais-tu peur ? »

Sa question me perturbe. C’est vrai que d’un côté… Enfin… Non je n’ai pas peur et puis quoi encore ! N’importe quoi !

« Moi- Non !
Chérine- C’est ce que l’on pourrait croire pourtant.
Moi- Et toi aurais-tu peur ?
Chérine- Peur de quoi ?
Moi- De faire souffrir quelqu’un, Chérine. De le blesser, de lui faire du mal. »

Elle ne répond pas immédiatement et dit :

« Chérine- On vit dans deux mondes opposés, Vincent. Il y a toi, qui te protège et qui blesse. Puis il y a moi, qui me blesse pour protéger.
Moi- Tu es courageuse.
Chérine- Non, j’ai l’habitude. »

Elle m’a dit ça, avec une telle sérénité… Comme si avoir mal était devenu une banalité. En fait, elle aussi, c’est une personne dépressive. J’en étais sûr, auparavant, avec le « syndrome du vide » et aussi, quand elle a su pour Adriana. Puis, la musique et tellement d’autre chose qui me le confirme. Mais je n’arrive pas à comprendre : pourquoi elle est comme ça ?
Elle a perdu l’un de ses parents et sa tante, ok. Elle les a vus mourir sous ses yeux et elle a été présente lors du cambriolage qui a viré au meurtre, ok. Mais je suis sûr et certain qu’il n’y a pas que ça. Elle est jolie, excellente dans chacune des matières. C’est une fille très intelligente qui a tout pour plaire ! Je le répète. Et pourtant, elle manque de confiance en soit et on ne manque pas de confiance en soit comme ça. Il y a généralement un élément déclencheur ! Mais lequel ? Elle a une vie difficile, mais est-ce une raison ? Non, bien-sûr que non, puisque tout ça n’a aucun rapport avec elle-même. Il doit y avoir autre chose ! Mais quoi ?

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