Une histoire préméditée : Chapitre 4

Adriana fait deux pas, en arrière, s’assoit à même le sol, la tête entre les genoux, les mains posées sur le haut de son crâne, puis fond en sanglots.
Adriana ? Qu’est-ce que tu fais là ? Qu’est-ce qui se passe ? On t’a fait du mal ? Adriana- C’est… C’est… Dit-elle en bafouillant sans pouvoir passer à un autre mot. Moi- C’est quoi ? Adriana- C’est papa… Dit-elle en relevant la tête et en me regardant droit dans les yeux.
Moi- Appelle ta sœur et dit-lui de venir nous récupérer. Dis-lui que c’est urgent ! Dis-je à Mattew. »

Dix minutes ont passé, Adriana n’a pas décroché un mot de plus, à part une adresse : « Carle Prouce Palace, hôpital St Jean » . Certainement là où Gwen devra nous déposer une fois qu’elle sera là.

« Mattew- Vincent, elle est là !
Moi- Merci, gros ! On arrive. »

J’aide Adriana à se relever, tout en me posant mille et une questions. Tout d’abord, pourquoi est-elle autant chamboulée de la sorte ? Qu’est-ce qui a bien pu se passer ? Mais surtout, pourquoi aller à l’hôpital ? Et que vient faire mon père dans cette histoire ? C’est un peu une énorme énigme, que je pourrai résoudre en allant à l’adresse que ma sœur ma soumise.
Mattew, Adriana et moi montons dans le beau cabriolet, rouge clinquant. Sur le trajet, j’ai pu observer la frustration, l’angoisse et le chagrin qu’Adriana éprouvait, sans en connaître la cause. Je ne l’ai jamais vu comme telle. Au bout de trente minutes de route, on finit par arriver. On descend de la voiture, tous les trois, sans Gwen, puis on rentre à l’intérieur de l’hôpital. On se dirige à l’accueil, quand soudain, on voit Carole courir vers nous.

« Moi- Maman ?
Carole- Mes amours ! Dit-elle d’une voix tremblante, pleine de tristesse, en nous serrant dans les bras, ma sœur et moi.
Moi- Maman, qu’est-ce qui se passe ? Adriana était toute retournée et n’a pas pu m’expliquer.
Carole- On va s’asseoir, venez. »

On s’assied tous les quatre sur les chaises, en plastique. La salle d’attente est pleine, pour ne pas dire surbookée.

« Carole- Écoute chéri… Ton père… Ton père a eu un combat qui n’aurait pas dû avoir lieu et… Ton père a fait… Ton père a fait une crise cardiaque, ils… Ils ont immédiatement appelé les pompiers, ils ont dû intervenir sur place, mais son cœur n’a pas tenu… Ils l’ont plongé dans un coma artificiel… Ton père ne va pas s’en sortir chéri… Dit-elle, les larmes dégoulinant sur son visage. »

Je reste abasourdi par ce que me dit ma mère. Les larmes dévalent sur mon visage, les unes après les autres. Je ne peux pas croire que c’est vrai !

« Moi- TU MENS ! CE N’EST PAS POSSIBLE T’ENTENDS ! CE N’EST PAS POSSIBLE ! »

Je me lève fou de rage et pars dehors. Je me mets à taper dans un mur de toutes mes forces. Je m’écroule sur le sol, les mains en sang, couvertes de bleus. Soudain, je vois Adriana arriver. Elle s’abaisse et me prend dans ses bras et me chuchote à l’oreille « Tu verras, il va se battre papa. Il va s’en sortir ! Et même s’il ne… Et même s’il ne s’en sort pas, dit-elle la gorge nouée, la vie continue. » . Je me relève calmement en prenant une profonde inspiration. Je passe mon bras droit autour du coup d’Adriana et re-entre dans l’hôpital. Carole ne dit rien, elle n’adresse pas un mot, comme si rien ne s’était passé quinze minutes plus tôt. Mattew ne dit rien, il se contenta de regarder mes poings ensanglantés, sans rien dire, mais son regard en disait long. Il compatissait.

« Carole- Je… Je vais chercher un truc à manger. Je vous prends un truc ?
Moi- C’est bon, je n’ai pas faim.
Carole- Adriana ? Mattew ? Vous avez faim ?
Mattew- Non merci Carole, je n’ai pas faim.
Adriana- Non, pas la peine, je n’ai pas faim. »

Carole part chercher un petit quelque chose à manger, dans la cafétéria de l’hôpital. Soudain, une infirmière s’arrête devant la salle d’attente et dit :

« L’infirmière- Mme Visentini ?
Moi- Je suis son fils ! Dis-je avec une boule au ventre.
L’infirmière- Veuillez me suivre monsieur, s’il vous plaît. »

Je me relève pour suivre l’infirmière et fais signe à Adriana de rester assise et d’attendre que maman revienne. L’infirmière me conduit dans une petite pièce, avec un bureau et trois chaises.

« L’infirmière- Étant donné la situation, je me dois d’être directe. Votre père n’a pas beaucoup de chance de s’en sortir. Bien-sûr, il y a encore de l’espoir, mais les chances qu’il s’en sorte sont minimes. Mais dans le cas contraire, nous nous devons, moi et toute l’équipe, de prendre des dispositions. En revanche, nous, nous ne sommes là que pour vous soumettre notre avis et ce sera aux proches de prendre une décision. Tout est expliqué là-dessus. À vous de voir. Dit-elle en me tendent un formulaire. Au fait, j’ai oublié de vous demander, vous êtes majeur je suppose ?
Moi- Je… Non. J’ai eu dix-sept ans le mois dernier, en octobre, le 16 octobre.
L’infirmière- Ô juste ciel ! Ce sera donc à votre mère de prendre la décision de le débrancher ou non, étant donné que vous n’avez pas votre majorité. Puis-je savoir où elle est ?
Moi- Partie chercher à manger… Elle doit être revenue, je suppose. Dis-je la gorge nouée.
L’infirmière- Très bien ! Bon, je ne vous retiens pas plus longtemps, vous pouvez y aller.
Moi- Je peux le voir ? Je veux dire, est-ce que je peux voir mon père, s’il vous plaît ? Dis-je les larmes aux yeux.
L’infirmière- Je… Mmh… Les visites ne sont pas encore accordées par l’équipe. Vous pourrez le voir mercredi, à mon avis.
Moi- D’accord. Dis-je froidement. »

Je me relève et part rejoindre Mattew, Adriana et Carole dans la salle d’attente. Carole est partie s’entretenir avec l’infirmière, sûrement pour parler de son foutu formulaire à la con. Bizarrement, j’ai l’impression que quelque chose a changé. Je ne saurais dire quoi, mais il y a bien quelque chose. Bon ou mauvais ? Je le saurai certainement dans les jours à venir…

 

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