Une histoire préméditée : Chapitre 39

Mon réveil sonne depuis… Hum… Assez longtemps pour que l’alarme me tape sur le système. Je me redresse et mets un coup dessus pour l’éteindre. Ah, un peu de silence ! Ça fait du bien. Je baille et me frotte les yeux.

Pourtant, je ne devrais pas être fatigué, vu qu’hier je me suis couché aux alentours de vingt-deux heures. Pas si tard que ça, n’est-ce pas ? En fait, samedi après notre petite escapade dans les bois avec Chérine, elle m’a raccompagné jusqu’à la limite de la forêt. La même limite que celle de l’autre fois, oui. Puis au lieu de rentrer chez moi, je suis allé chez Noah. Mattew était occupé avec ses parents. Du coup, lui et moi nous sommes allés à la boxe, faire quelques frappes et un combat entre nous. Histoire de ne pas perdre la main. Je ne vous cache pas que je lui ai annoncé la nouvelle. Vous savez, le voyage ? Celle-ci ouais ! Il était tout aussi surexcité que moi et nous sommes allés fêter ça à un café, en consommant quelques verres bien servis. Puis, je suis rentré aux alentours d’une heure du matin et j’ai dormi comme une larve. Après ça, c’est Adriana qui m’a réveillé. Du moins, elle m’a réveillé à cause d’une dispute entre elle et ma mère en pleine nuit. Le sujet : L’alcool. Elle était saoule, encore… Maman ne se remet pas de la mort de papa je crois. D’ailleurs, ce n’est pas le moment que je lui parle de ce voyage. Je devrais peut-être même envisager de ne pas partir et de laisser ma place à quelqu’un d’autre. Imaginez que je laisse ma mère seule et qu’elle commette le pire ? Je ne peux pas prendre ce risque ! J’ai perdu un père, mais je ne perdrai pas ma mère. Si je devais perdre quelqu’un de plus, je ne tiendrais pas le choc. Ce serait « le coup fatal » comme dirait si bien mon père, lors d’un combat. Malheureusement, il en a bénéficié lui-même… Je regarde l’heure, il est presque huit heures ! Je ferais mieux de me bouger. Hier j’ai su être à l’heure pour aller chercher mon billet d’avion et mon billet de train avec mon badge VIP. Donc, je dois être à l’heure pour les cours ! Je ne dois pas oublier que j’ai quand même le bac cette année et que deux semaines de révision s’envoleront peut-être dû à mon voyage et qu’en plus j’ai la boxe ! C’est très important ça. Je me prépare psychologiquement à devoir faire ma routine matinale et bondis du lit. J’attrape mes affaires, sors de ma chambre et file dans la salle de bain. Je dois avoir bonne mine. C’est limite primordial ! Une fois prêt, je descends dans le salon, attrape une brique de jus de fruit et la bois en remontant les escaliers. Je toque à la porte d’Adriana et sans attendre que celle-ci me dise d’entrer, j’entre.

« Moi- Coucou petite soeur. Dis-je, tout sourire.
Adriana- De bonne humeur ? Tu es matinal on dirait.
Moi- C’est moi où ça sent vraiment bizarre ici ?
Adriana- Euh… Ça doit être toi, parce que ça sent tout à fait normalement dans ma chambre !
Moi- Tu ne fumes plus, j’espère ?
Adriana- Je ne fume pas !
Moi- Hum…
Adrian- Pff.
Moi- Et sache que je vais bénéficier de toutes les absences que tu as eues, alors tu n’as plus intérêt à sécher le moindre cours, petite dévergondée ! »

Elle rit. Ça me fait plaisir de la faire rire. On dit que la bonne humeur est contagieuse et si c’est réellement le cas, j’aimerais vraiment lui en faire cadeau. Avec ce que l’on traverse en ce moment, ce n’est pas facile. Et j’ose à peine imaginer à quel point ça doit être dur pour elle. Ma petite soeur, ma petite princesse… Elle ne mérite pas ça.

« Moi- Tu commences à quelle heure ?
Adriana- Je commence à huit heures trente, comme toujours… Mais je vais me pointer plus tard.
Moi- En quel honneur ?
Adriana- En l’honneur de mon terrible mal au ventre, qui me noue de douleur ! Je te donne mes règles et je vais en cours, si ça te tient tant à coeur.
Moi- AH ! Non c’est mon bon, chut, je ne veux rien savoir à ce sujet ! Dis-je avec un air de dégout. »

Elle me regarde en souriant, l’air amusé. Je n’aime pas parler de ça avec ma soeur. Enfin ce sont des trucs de fille quoi ! Et je n’ai pas envie de savoir lorsqu’elle a ses machins !

« Moi- Bon, d’un côté je t’avoue que ça m’arrange, car ça me fait sauter mon heure de français.
Adriana- Tu es en train de me dire que tu vas sécher ton cours de français ?
Moi- Oui et ne prend surtout pas exemple sur moi ! Premièrement, ça m’arrange bien, car je déteste la professeur, une vraie peste, elle me sort des yeux celle-là ! Deuxièmement, parce que j’étais légèrement en retard et troisièmement, car j’ai un sujet à aborder avec toi. Du moins, plusieurs sujets…
Adriana- Si c’est pour trouver un centre de désintoxication à maman, je te préviens, elle est contre. Et c’est catégorique ! C’est ce qu’elle m’a dit, après, tu vois avec elle.
Moi- Non non, du moins, on va en parler de ça aussi, mais ce n’est pas ce sujet que je voulais aborder principalement. »

Elle me regarde l’air inquiète et fronce les sourcils.

« Moi- Assieds-toi, s’il te plaît. »

Au moment même où je lui demande de s’asseoir, elle comprend bien que le sujet est important. Elle prend peur et dit :

« Adriana- Vincent, tu me fais peur là ! Il s’est passé quelque chose de grave ?
Moi- Non, rassure-toi ! Ne t’inquiète pas, assied-toi.
Adriana- Je t’écoute. Dit-elle une fois assise confortablement sur son lit.
Moi- Ecoute, je sais que la mort de papa n’est pas quelque chose de facile. Je le vis moi-même très mal, tu sais… Je sais que maman qui a sombré dans l’alcool arrange rien du tout et je sais aussi qu’au lycée et dans la vie de tous les jours, les choses ne sont pas toujours faciles. Mais rappelle-toi d’une chose. Une simple et unique chose. C’est que moi, quoi qu’il arrive et quoi qu’il se passe, tu peux faire n’importe quelle bêtise, je serais toujours là derrière toi, pour t’aider, t’épauler. Alors, oui tu vas te faire engueuler plus d’une fois, je serai souvent derrière ton cul, même si tu n’en as pas, pour te bouger, pour te motiver et pour te pousser à aller de l’avant et à toujours faire mieux. Je serai même peut-être un peu chiant sur les bords, si je ne le suis pas déjà. Mais mon but c’est de te protéger et d’être là pour toi. Adriana, je fais ça pour toi. Tu es ma soeur, j’en ai qu’une seule et je compte bien la garder, la protéger et l’aimer jusqu’à ce que je finisse sous la terre, enfermé entre quatre planches ou à ce que mon corps devienne poussière. N’oublie pas que je suis là et que si tu as besoin, tu me fais signe et j’accours. Je t’aime princesse, alors garde la tête haute et reste au sommet. Tu PEUX le faire, tu en as les capacités ! Je sais qu’en ce moment ça ne va pas… Mais tu as la force de remonter la pente et je t’aiderai si besoin. D’accord ?
Adriana- Je t’aime aussi grand-frère, merci ! Dit-elle les larmes aux yeux. »

Elle me regarde, finit par se lever et se jeter dans mes bras. Elle m’agrippe le tee-shirt fortement, déposant sa tête sur mon torse en me faisant un gros câlin, tout en lâchant une colonie de larmes, qui finissent même par mouiller mon tee-shirt.

« Moi- Toujours là, toujours… Dis-je en lui déposant un gros bisou sur le front. »

Adriana va-t-elle se sortir de la dépression ?

Cliquez ici pour lire la suite !

 

Laisser un commentaire