Une histoire préméditée : Chapitre 33

Les verres s’enchaînent, un à un. Les mélanges s’enchaînent aussi très bien ! Elle comme moi savons que demain matin, au réveil, on le regrettera fortement. Mais en attendent, j’ai un jeu à gagner ! Les verres continuent de s’enfiler un a un, les gens autour de nous dansent, rigolent, boivent, fument… Soudain, je remarque Noah, qui a l’air de chercher quelqu’un. Il doit certainement me chercher pour rentrer ! Je l’appelle et lui fait signe de la main. Il me remarque et se dirige vers moi.

« Noah- Chérine ? Bah, qu’est-ce que tu fais là ?
Chérine- Je n’ai pas le droit de m’amuser ?
Noah- Je n’ai pas dit le contraire.
Moi- Rentre si tu veux, je rentrerai avec Chérine. On a un jeu à terminer.
Noah- Un jeu ? Quel jeu ?
Chérine- Le premier qui est saoul a perdu.
Noah- J’espère que tu es forte ma grande… Car Vincent, est un véritable dieu à ce jeu là !
Moi- Hahaha, ça elle n’était pas censée le savoir !
Chérine- Peu importe, je suis très forte aussi.
Noah- Dans ce cas, je vous laisse. Tu m’envoies un message quand tu es rentré Vincent ?
Moi- Pas de soucis.
Chérine- S’il tient encore debout.
Noah- Oh, je ne m’en fais pas pour lui ! »

Il nous fait un signe de la main et s’éclipse. Je bois deux autres verres cul sec, en même temps que Chérine. L’effet de la boisson commence à se faire sentir.

« Moi- Tu tiens ?
Chérine- Ça va.
Moi- Tu es saoule, j’ai l’impression, non ?
Chérine- Pas encore, mais la boisson me monte à la tête.
Moi- Ne serais-tu pas loin de la défaite ?
Chérine- Je n’en sais strictement rien pour l’instant.
Moi- Buvons encore deux verres, on verra après lequel de nous deux a le moins tenu. »

On se sert deux autres verres bien corsés, que l’on s’enfile l’un après l’autre cul sec. Waouh, ça arrache !

« Moi- Toujours aussi sereine ?
Chérine- Oh, waouh. J’ai la tête qui tourne… Ah, je ne sais même pas si j’arriverai à marcher.
Moi- Saoul ?
Chérine- Ok, tu as gagné… Du moins, avant ça, toi, es-tu saoul ?
Moi- Simplement la tête qui tourne un peu, mais pas saoul. Dis-je avec un petit rire sadique.
Chérine- Ok, tu as vraiment gagné. Il est quelle heure au fait ?
Moi- Euh… 04h16. Je te poserai les questions quand je serais certain de mes questions, cela te va ?
Chérine- Hein ? Qu’est-ce que tu racontes ? Dit-elle en éclatant de rire.
Moi- Ok… T’es complètement saoule toi ! On va rentrer.
Chérine- Ah, ouais.
Moi- Bah oui ah ouais ! On ne va pas dormir ici quand même ! Tu savais que tu étais exaspérante, quand tu es saoule ?
Chérine- Oh, je suis juste un peu saoule. Pas beaucoup.
Moi- Lève-toi qu’on rigole ! Dis-je sceptique. »

Elle se lève en s’aidant du fauteuil sur lequel on était assis tous les deux. Elle me regarde et dit :

« Chérine- Juste un peu. Tu vois ?
Moi- Et c’est pour ça que tu tangues comme la tour de pise ! »

Elle me regarde et va pour faire un pas, sauf qu’à force de trop tanguer, elle finit par perdre l’équilibre et tomber au sol, en bousculant au passage deux trois personnes. Je me lève précipitamment, mais l’alcool me monte d’un coup et m’en fait perdre l’équilibre à moi aussi. Je tombe au sol et rigole.

« Chérine- On est doués dis donc !
Moi- Si tu ne m’avais pas fait peur, j’aurais pris le temps de me relever et rien de tout ça serait arrivé.
Chérine- Nuance ! Si on n’avait pas joué, rien de tout ça serait arrivé.
Moi- On est joueurs, que veux-tu que je te dise ? »

La musique s’est arrêtée, tous les regards sont braqués sur nous. En plus d’être bourrés, d’être tombés au sol, d’avoir fait une « coupure d’ambiance » phénoménale en ayant attiré toute l’attention sur nous, nous sommes aussi dans un état pitoyable, complètement couverts de boue et de traces d’herbe ! Et oui… L’herbe tâche, ne l’oublions pas.

« Moi- Ce n’est rien, on est tombés. Dis-je gêné. »

La musique reprend, les gens retournent à leur occupation et l’ambiance redécolle. Je souris à Chérine, je me relève doucement et lui tend la main pour l’aider. Elle s’en saisit, je la relève.

« Moi- Doucement.
Chérine- Ok… Dit-elle en se relevant.
Moi- On rentre comment ?
Chérine- À cheval.
Moi- Euh… Tu es bourrée. Tu crois vraiment que c’est raisonnable ?
Chérine- Je ne peux pas le laisser là.
Moi- Oh mon dieu, je vais dire la chose la plus absurde de ma vie… Je te ramène, mais c’est moi qui monte. Tu t’accroches.
Chérine- T’es malades ! Tu ne sais même pas monter seul !
Moi- Et toi tu tiens à peine debout ! On a plus de chance d’arriver entier chez toi avec moi, qu’avec toi.
Chérine- De plus il pleut… Génial…
Moi- Au pire, tu as vu dans quel état on est ?
Chérine- Un peu plus ou un peu moins, peu importe hein ! »

On sort de la villa. Je porte Chérine sur mon dos, par sécurité pour de 1) ne pas qu’elle se blesse et de 2) pour qu’elle puisse mieux me guider pour que je trouve Eclipse. Après environ dix minutes de marche sous une pluie fine et un vent glacial, on arrive dans un pré, où j’entends des hennissements de cheval.

« Moi- Ah, enfin ! J’allais finir par croire qu’on c’était perdu.
Chérine- Maintenant, il faut monter… Tu vas arriver à monter ? Tu es sûr ?
Moi- Je vais me débrouiller. Dis-je en déposant Chérine sur la terre ferme. »

Je regarde la bête de haut en bas. De bas en haut. Je passe mon pied dans l’étrier et enfourche le cheval sans réfléchir. Soulagement… Je ne suis pas tombé, je suis à l’endroit, j’ai réussi ! Enfin… Je n’ai toujours pas fait monter Chérine. Et vu dans l’état dans lequel elle est, je doute qu’elle arrivera à monter seule.

« Moi- Tu attends quoi ? La neige ?
Chérine- Exactement ! Non, mais sérieusement, j’ai la tête qui tourne, je n’arriverai jamais à monter. »

Je la foudroie du regard et lui tend ma main en m’accrochant fortement à la crinière d’Eclipse pour ne pas tomber.

« Moi- Grimpe. J’ai assez peur comme ça, alors grimpe ! »

Elle rigole. Même en étant bourrée, pleine de boue et sous la pluie, elle reste jolie. C’est dingue ça quand même. Tout est dingue avec elle.

« Chérine- Monter à cheval en talons et bourrée. Waouh… Dit-elle en attrapant ma main et en enfourchant à son tour son cheval. »

Chérine s’agrippe à moi, ses mains autour de ma taille, sa tête posée contre mon dos. Je sens son souffle chaud se déposer contre ma peau, avec seulement mon tee-shirt comme épaisseur pour séparer ses lèvres et ma peau. Je prends une grande respiration. Comment vais-je faire maintenant ? Je n’ai jamais monté de ma vie après tout ! Après l’autre fois, mais c’était Chérine qui dirigeait le cheval. Et puis, je n’y connais rien moi, aux chevaux ! Mais Chérine est bien trop déglinguée pour faire quoi que se soit. D’ailleurs, elle commence même à s’endormir sur moi.

Vais-je arriver à ramener Chérine chez elle ? Et si on chutait ? Je me demande bien comment s’est passé le rencart de Mattew… Et avec qui l’a t-il passé ? Ça m’est complètement sorti de la tête, que j’ai oublié de le lui demander ! Et si tout était beaucoup plus simple que je ne l’imaginais ? Les réponses sont peut-être sous mes yeux depuis le début…

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