Une histoire préméditée : Chapitre 17

Quelques heures plus tard. Mattew et moi partons au mcdo. Après avoir descendu plusieurs grandes ruelles et avoir pris une fois le RER et une fois le bus, on est arrivés au mcdo. On a commandé, chacun à notre tour, notre repas, puis on s’est installés pour manger. Je commence à déguster mon repas et dis :

« Moi- Putain, il faudrait qu’on arrête les mcdo !
Mattew- Ah, mais c’est trop bon ! Dit-il d’un air dépité.
Moi- Carrément !
Mattew- Et puis, ne te plains pas. Toi, tu fais du sport, tu sèches. Moi je fais du sport, je mange, je fais du sport, je sèche ! Veinard. Dit-il en avalent une poignée de ses frites.
Moi- C’est plus simple.
Mattew- Oui, mais il faut en avoir, de la motivation !
Moi- Pauvre, pauvre Mattew. Dis-je ironiquement, en pouffant de rire. »

Mattew me lance un regard noir et laisse échapper un rire moqueur. Il aime bien se foutre de moi, mais c’est ce qui fait l’amitié. Les moments de folie nous unissent et créent les liens. C’est ça l’amitié. Une fois notre menu englouti, on tape l’adresse de la soirée, sur Google Maps, pour s’y rendre. Ce n’est pas très loin, à notre plus grand bonheur. Cinq minutes à pieds, rapide, non ? On finit par arriver devant un immeuble. Un immeuble, certes, mais un immeuble assez chic, qui fait à la fois ancien. Troublant, mais c’est ce qui fait le charme de Paris. Le mélange de nouveauté et de trucs vieillots. On sonne à l’interphone, on nous dit à quel étage monter et à quelle porte. « Dernier étage, porte 6. Vous ne pouvez pas vous tromper. » Avait répondu un jeune homme. Sa voix était presque inaudible, avec tout le boucan qu’il y avait derrière. Je me mis à rire, en poussant la porte de l’immeuble et dit à Mattew :

« Moi- Tu verras cette soirée, elle va être bonne !
Mattew- Une soirée est toujours réussie, quand j’y suis. Se vanta Mattew.
Moi- Couillon ! Allez, on monte. »

À grandes enjambées, on se rend au troisième étage, qui est le dernier et arrivons devant la porte 6, d’où la musique est carrément à fond. Des remix. Un classique, me dis-je, intérieurement. On finit par rentrer, essayant de nous mêler à la foule et à se laisser emporter, par la musique et l’alcool. Rien d’exemplaire, mais nous sommes jeunes, soyons fous ! Plus les minutes défilent, plus l’ambiance se déchaîne. On peut même y identifier plusieurs types de personne. 1) Les personnes déjà bourrées. 2) Les personnes complètement sobres et complètement coincées. Assis, dans un coin de la pièce principale, ou l’ambiance est à son plein. 3) Ceux qui mettent l’ambiance ! Moi et Mattew, faisons partie de la troisième catégorie et bien heureusement ! Je n’aurais pas aimé vider toutes mes tripes, sur une jolie fille, comme l’a fait le gars, assis sur le canapé, il y a de cela… Vingt minutes. Sa copine devait être ravie, vraiment. La musique tourne toujours, en passant par plusieurs variétés festives. Ça fait bientôt deux heures que nous dansons. Deux longues heures, à danser avec une fille, puis une autre et encore une autre. L’alcool commence à faire son effet, et les filles à craquer sous mes charmes. Tout particulièrement, cette belle brune, avec qui je danse collé/serré, depuis une bonne minute.

« La belle brune- Hé, salut ! Dit-elle en montant le son de sa voix, pour que je puisse l’entendre, malgré la musique extrêmement forte et aux hurlements de certaine personnes, complètement saoules.
Moi- Salut, ma jolie ! Dis-je d’un ton séducteur. Vincent, enchanté !
La belle brune- Moi, c’est Alix. Viens avec moi, il y a trop de bruit ici. Dit-elle en me faisant un clin d’œil et en m’entraînant à l’étage. »

Mon verre à la main, j’essaie de monter les marches sans foirer. Me casser la gueule aurait bien fait rire, mais ça m’aurait fait bien mal aussi, ai-je pensé. Une fois montée, Alix me tire par le bras, m’entraîne dans une chambre. La soirée se sera donc terminée comme ça. Une heure plus tard, après nos ébats, à Alix et moi. Une fille, dont je ne connaissais que le prénom et que je n’allais sans doute jamais revoir, comme plus d’une fille avant elle. La liste est longue, me suis je mis à penser, en enfilant ma chemise froissée et en reboutonnant mon jean. Une fois revêtu, je sors de la chambre et repars dans la pièce principale, où se déroule la fête. Il y a nettement moins de monde que plusieurs heures auparavant. En même temps, il était cinq heures et quart. Je n’eus pas de difficulté à mettre la main sur Mattew pour rentrer. Sur le trajet, dans le RER, le bus et en remontant les longues rues, pour revenir chez Mattew, lui et moi avons pu parler de cette soirée, et surtout des filles qu’on s’est fait. L’amour n’est pas quelque chose pour nous. Non. On est trop jeunes pour ça. Ce n’est pas comme si, du jour au lendemain, l’amour allait débarquer, dans notre vie et tout chambouler. Ce n’est pas possible, ou en tout cas, je ne veux pas y croire. « Je ne crois qu’à ce que je vois » répétait mon père, lorsqu’il était encore parmi nous. Mon père était un homme admirable, plein de sagesse. C’était la voix de la raison, de la vérité. Et jusqu’à preuve du contraire, je n’ai pas vu l’amour. On finit par arriver. On entre, doucement, pour ne pas réveiller ni ses parents, ni sa sœur. Tout le monde dort, le silence règne…

« Mattew- Qu’est-ce que tu fous ? Me dit-il en chuchotant.
Moi- Bah, je me fais mon petit déj’ !
Mattew- Attends, on rentre de soirée, il est presque sept heures, on n’a pas dormi et toi, tu fais ton petit déj’, tranquille, au calme et en plus, chez moi ? Dit-il en rigolant.
Moi- Tranquille au calme ! Dis-je en sortant mettant des céréales dans mon bol de lait.
Mattew- Hé ! Sers-moi ! Dit-il en s’installant, sur une chaise, à côté de moi.
Moi- Pour être en forme, pour les sélections ! Dis-je en lui versant des céréales dans un autre bol.
Mattew- Bon appétit !
Moi- Miam ! Dis-je en avalant une cuillère de céréales. »

Les sélections sont dans trois heures. Trois longues heures à attendre. Et l’enterrement de mon père est demain. Je pousse un profond soupir, mets le bol dans l’évier et dis :

« Moi- Je vais faire ma toilette, je fais mon sac, on part chercher les gars (Noah et Logan) pour les sélections et on en profite pour chercher Alexia. Elle voudra être là, telle que je la connais. Ensuite, on va aux sélections, une fois les résultats affichés, je rentrerai chez moi. Il est temps Mattew. Adriana a besoin de moi… Ma mère aussi. Et j’ai besoin d’eux. Demain, c’est l’enterrement. Je veux m’y rendre, avec eux. Dis-je en baissant la tête, pour ne pas laisser Mattew voir la tristesse dans mon regard. »

Vais-je être sélectionné ? Comment ma mère et ma sœur vont-elles réagir, en me voyant revenir, à la maison ?

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