Une histoire préméditée : Chapitre 16

Gwen m’a déposé et elle est partie directement. Je m’avance vers la grille, je sais très bien qu’Adriana a cours, mais j’ai la forte impression qu’elle a séché. Quand je ne suis pas derrière elle, elle ne fait que des conneries ! Une petite insolente, cette minotte. Et pourtant, c’est ma sœur et je l’aime. Il faut dire, je n’ai pas été un exemple, pour elle. Je rentre à l’intérieur du lycée et demande à un pion, si ma sœur a été en cours, ou non. Etant donné que je suis connu, grâce à mon père, ils connaissent très bien ma sœur. Et puis, elle, comme moi, avons tendance à nous faire remarquer, donc c’est facile de nous reconnaitre.

« Moi- Hey ! Tu as vu ma sœur, aujourd’hui ?
Le pion- Vincent, ne me tutoie pas ! Tu sais, que je risque de gros ennuis, sinon.
Moi- Je sais, je sais.
Le pion- Elle y est. Enfin, je l’ai vue. Après, est-ce qu’elle est restée, ou non, je n’en sais rien.
Moi- Tu pourrais regarder ?
Le pion- Bah, va à la salle 142. Si elle n’y est pas, tu auras ta réponse…
Moi- D’accord, merci ! »

Je monte les escaliers à toute allure, traverse les couloirs et m’arrête devant la salle 142, là où devrait être Adriana. Je prends une grande inspiration et frappe à la porte.

« Le professeur- Entrez !
Moi- Excusez-moi de vous déranger, j’aurais besoin de parler à Adriana Visentini, s’il vous plaît. Dis-je en ouvrant la porte.
Le professeur- Oh, monsieur Visentini ! Comment allez-vous ? Il n’y a pas de problème. Adriana, prenez vos affaires, vous pouvez sortir, je vous libère.
Moi- Merci… Dis-je la gorge nouée. »

Adriana range ses affaires dans son sac, à la va vite, me lance un regard sombre, se lève et quitte la salle de cours.

« Moi- Salut… »

Adriana ne dit rien. Elle baisse le regard au sol et lâche un profond soupir.

« Moi- Ça va bien ? Dis-je en attendent une réponse de sa part, mais vu que rien ne vint, je repris. Et… À la maison, ça se passe bien ? Comment elle va, maman ? Elle tient le coup ? Dis-je en attendant une dizaine de secondes, mais voyant qu’aucune réponse ne venait, je repris une seconde fois. Tu pourrais répondre quand même…
Adriana- Je… Maman va mal. Tout s’écroule. Comment tu peux penser que l’on peut aller bien ? Il est mort, t’entends ! Il est mort, putain ! Dit-elle, en haussant de plus en plus la voix et en versant quelques larmes.
Moi- Viens là. Dis-je en la prenant dans mes bras. »

Je la sens se laisser aller. Elle se mit à pleurer, au creux de mon épaule et à m’agripper fortement, tout en continuant de pleurer.

« Adriana- Il me manque, tu sais… Dit-elle en séchant ses larmes et en relevant la tête.
Moi- Il nous manque tous… Dis-je en laissant s’échapper une larme, mais par fierté, je me suis retenu davantage.
Adriana- C’est après demain…
Moi- Quoi donc ?
Adriana- L’enterrement… C’est après-demain.
Moi- Je serai là. Je ne vous laisserai pas toutes seules, toi et maman.
Adriana- Promets-le.
Moi- Oui.
Adriana- Non, promets-le, moi ! Dis-le. Dit-elle en insistant.
Moi- Je te le promets. Tu es ma petite sœur, je ne vais pas te laisser tomber. T’entends ?
Adriana- Pourquoi ? Hein, pourquoi ? Pourquoi tu es parti ? Pourquoi tu n’es pas venu nous voir, à l’hôpital, quand son état s’aggravait ? Pourquoi tu n’es pas venu, quand tu as su qu’il était parti, que c’était trop tard ? Pourquoi tu n’es pas venu à la maison, après ? Pourquoi tu nous as laissées ? Pourquoi tu nous as abandonnées, hein ? Pourquoi ? Dit-elle laissant couler deux larmes, sur ses joues rosées.
Moi- Je ne pouvais pas… C’était trop dur, pour moi. Je suis désolé.
Adriana- Mais il est mort, putain ! Comment tu as pu nous laisser seules, sans nouvelle, pendant deux jours hein !? Comment ?!
Moi- Moi aussi j’ai perdu mon père. Tu n’es pas la seule. Dis-je en me retournant et en partant.
Adriana- Vincent, attends ! Désolée, excuse-moi. C’est dur, tu sais… J’ai perdu mon père et je perds mon frère aussi. Je me retrouve seule. Tu crois que c’est facile pour moi ? J’ai seize ans. Je n’ai que seize ans, alors comment veux-tu que j’arrive à surmonter tout ça, si les deux personnes que j’aime le plus, partent chacun leur tour. Hein ?
Moi- Il y a maman. Elle est là, ne l’oublie pas… Dis-je en me retournent, vers Adriana.
Adriana- Peut-être, que si tu étais à la maison, tu aurais su que… Non rien, oublie. Il y a maman, oui… Allez, j’y vais.
Moi- À dimanche. Prends soin de toi et prends soin d’elle. »

Adriana me sourit, en guise de réponse et part hors du lycée. Ça ne s’est pas passé de manière catastrophique, c’est déjà ça ! Je pousse un profond soupir et regarde mon téléphone. Aucun message, aucun appel manqué. Bon… Il serait peut-être temps que Mattew se bouge un peu, surtout qu’il faut toujours se reposer avant une sélection. C’est très important. Je range mon téléphone dans la poche de mon jean et pars à grandes enjambées chez Mattew. Une fois arrivé, je pousse la porte et percute une jolie blonde, bien foutue, pour être sincère.

« Moi- Oh, désolé, mademoiselle.
La jolie blonde- Oh, non, c’est moi, je suis désolée !
Moi- Ce n’est rien. Dis-je en lui faisant un clin d’œil. »

Sans que je puisse ajouter quelque chose, la voilà déjà partie. Je rentre et referme la porte derrière moi et vois Mattew, en caleçon. Je me mets à rire et dit :

« Moi- Tranquille ?
Mattew- Nickel !
Moi- Allez, vas te préparer, je demande ce que fond Noah et Logan, ce soir, comme ça, s’ils veulent, on se fait un mcdo et on se casse en soirée. Il faut que je sorte, que je lâche prise, que je décompresse. Puis ça fait longtemps… J’en ai besoin.
Mattew- Logan, ne pourra pas. Noah, je ne pense pas. Allez, je vais me préparer et on bouge !
Moi- Allez, nickel !
Mattew- Et peut-être tombera-t-on sur la nouvelle ? D’ailleurs, tu as perdu ton pari ! Tu me la laisses, gros !
Moi- Ah… Oui, c’est vrai… Le pari… Dis-je en soupirant. »

Verra-t-on C, à la soirée ? Que voulait me dire Adriana, à propos de notre mère ? Comment se déroulera l’enterrement ? Vais-je être sélectionné aux sélections du lendemain ?

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