Une histoire préméditée : Chapitre 141

Point de vue de Chérine :

Un mois suite à l’enterrement de Logan a passé et je dois avouer que sans la bande, je ne gérerais pas aussi bien, je me trouve fragile psychologiquement avec tout ce qu’il se passe et ce qu’il s’est passé dans ma vie. Quoi de plus normal, me diriez-vous ?
La mère de Vincent lui a fait un avancement. Il travaille maintenant à la salle de sport et il a aménagé dans son studio, même si après le boulot, il est constamment chez sa mère pour ne pas laisser Adriana seule, c’est très dur pour elle, elle ne s’en sort pas. Elle traîne beaucoup avec Noah d’ailleurs. C’était les deux personnes les plus proches de Logan, ils se comprennent mutuellement et je trouve que ça leur fait du bien de se côtoyer. Vincent rentre tard le soir, pour partir travailler tôt le lendemain. Moi, je ne fais pas grand-choses… Je squatte son appartement qui est en centre-ville, c’est bien plus pratique que d’être à la campagne, même si mon cheval me manque et que mon grand-père s’en occupe pour moi. Ce soir, nous avons prévue de se faire une soirée en amoureux, histoire de se retrouver. Puis, je crois que nous devrions parler.

« Vincent- Je suis rentré !
Moi- Je suis dans la salle de bain ! »

Vincent me rejoint et m’embrasse.

« Vincent- Ça a été aujourd’hui ?
Moi- Je me suis ennuyais comme pas deux… Et toi alors ?
Vincent- Je suis fatigué. Je ne pensais pas que ça serait aussi fatiguant de rentrer dans la vie active…
Moi- Quoi, tu regrettes le lycée ? Dis-je d’un air moqueur.
Vincent- Mais ouais ! Putain je me fais peur là… »

Sacré Vincent !

« Moi- Au fait, tu as eu du courrier.
Vincent- C’est quoi ?
Moi- La CAF, je ne comprends rien à leur bordel.
Vincent- Oh putain ça me casse les couilles.
Moi- Quoi ?
Vincent- Je n’y comprends rien, c’est trop compliqué. J’appellerais ma mère demain pour lui demander de l’aide pour les papiers.
Moi- Je demanderais à mon grand-père si tu veux ?
Vincent- Non, laisse. Il vieillit et se fait âgé tu ne crois pas ?
Moi- Le temps passe vite…
Vincent- Tu veux qu’on sorte ce soir ?
Moi- Euh, je ne sais pas… Avant, j’aurais voulu qu’on parle.
Vincent- Qu’on parle ?
Moi- Oui… Écoute, je m’en sens pas capable.
Vincent- De quoi ? D’être… »

Je le coupe, la boule au ventre.

« Moi- Oui, d’être « maman ».
Vincent- On va s’en sortir.
Moi- Non tu ne comprends pas ! Je n’en veux pas. Je ne l’aime pas. Il ne sera pas heureux avec moi, avec nous. On ne peut pas lui offrir une belle vie. On ne peut pas. Je suis énorme comme une pastèque prête à exploser, pas encore majeur, je veux faire des études supérieures, je veux encore profiter de la vie. Je ne suis pas assez bien dans ma tête pour devenir maman, tu comprends ? Tu te rends compte, on a subit un enlèvement, une séquestration et on a perdu… On a perdu un ami. Dis-je, retenant mes larmes. Je poursuis : je ne peux pas.
Vincent- Écoute, je te demande de ne pas te fixer pour l’instant. Tu dis ça maintenant, mais quand sera t-il du jour de l’accouchement ? Car maman ou pas, t’es enceinte, c’est trop tard pour avorter et tu vas devoir accoucher, tu t’en rends compte de ça ? Là, tu ne réalises pas, mais le jour où tu le mettras au monde, tu changeras peut-être d’avis. Moi je suis prêt à assumer, je suis bien avec toi, je t’aime, même si tu ressembles à une baleine comme tu dis. Ne prends pas ta décision maintenant, je te demande de laisser place à un changement d’avis jusqu’au dernier moment, comprends-moi. Je n’ai jamais aimé comme je t’aime, pour toi je suis prêt à tout et avoir un enfant avec toi… Ça serait nous. On formerait une famille. J’y pense beaucoup maintenant, c’est dur de ne pas y penser en te voyant… Et même si je respecterais ton choix, j’aimerais que tu le gardes. »

Waouh… Je ne m’attendais pas à ça. C’est vrai que, on formerait une famille… Mais on ne peut pas. Ce n’est pas possible, soyons objectifs !

« Moi- D’accord, je laisse place au doute, nous verrons bien.
Je le fais pour toi. Sache-le. »

Il me prend dans ses bras, je ne peux m’empêcher de ressasser tout ce que j’ai dans la tête. Je pense surtout à Logan. J’aurais aimé qu’il puisse me conseiller, comme il a toujours su le faire. C’était le meilleur pour ça. À trop penser, je me mets à culpabiliser. Je repense à la journée que nous avons passé avec Julia et Tatiana, Logan était présent lui aussi. À l’heure qu’il est, Julia doit déjà être marié et Arthur parti en mission. Nous les avions taquinés, sur le fait d’avoir un accident… À parler de la mort il semblerait bien qu’elle nous soit retombée dessus.
Et si c’était de ma faute ?
Et si j’étais coupable ?
Je suis peut-être responsable de ce qu’il s’est passé ? Après tout, depuis que j’ai débarquée dans la vie de Vincent, le chaos règne ! Il avait une petite vie tranquille, lui, comparé-à-moi…
Et si j’étais responsable de tout ça ?

« Moi- C’est de ma faute s’il est mort…
Vincent- Quoi ?! Mais qu’est-ce que tu racontes ? Tu n’y es pour rien !
Moi- Depuis que j’ai débarquée dans ta vie, c’est le bordel ! Je suis coupable !
Vincent- Oh ! Calme-toi ! Putain Chérine, tu n’y es pour rien ok ? On se sent tous coupable, le monde ne tourne pas autour de toi ! Arrête, putain arrête ! Tu te fais du mal pour rien ! On est déjà tous assez touché, j’ai perdu mon père, puis un ami, ma sœur est au plus bas, sans parler de Noah qui a frôlé le suicide, je n’ai pas envie de te perdre toi aussi, car je te jure que si ça arriverait, je t’en donne ma parole, je me jette. Et ce n’est pas une disquette, le genre de truc que tu dis pour faire jolie mais qu’au fond de toi tu ne penses pas vraiment, c’est sincère. Je t’aime à un point que tu n’imagines même pas, à un point où je suis capable de devenir papa, tu réalises ? Tu m’as changé, tu as changé ma vie. Tu ne l’as pas fait en mal, car les choses difficiles que nous avons traversés, nous les avons affrontées ensemble, ça a solidifié notre couple, ça nous a apporté du positif. Tu es l’une des meilleures choses qui me soient arrivés et jamais je te laisserais dire que tu fous ma vie en l’air ! Je t’aime vraiment… »

Cliquez ici pour lire la suite !

Laisser un commentaire