Une histoire préméditée : Chapitre 140

Point de vue de Vincent :

On est tous là. Vêtu de noir, les idées sombres, le regard perdu, divaguant dans l’horizon ou la tête baissée, effondré à l’intérieur de soie, perdu entre mille et une pensée.
On est là pour lui dire au revoir, à défaut de comprendre. Nous devons le laisser-allez, car je suis intimement persuadé que c’est ce qu’il aurait voulu. Nous l’aimons trop pour le retenir, il doit partir et trouver la paix, il le mérite.

Adriana et Chérine se sont accrochés à chacun de mes bras. Je ne peux pas m’empêcher de laisser les regrets me ronger, de vouloir hurler. Je n’arrive pas à retenir mes larmes de couler. Me retrouver ici, c’est comme si que j’étais confronté à la réalisation de son départ. Comme si qu’une prise de conscience ce faisait et qu’il nous laissait la chance de lui dire au revoir une dernière fois, avant qu’il parte vraiment, même s’il n’est déjà plus là, que son histoire c’est fini et qu’il deviendra poussière dans plusieurs années…

L’enterrement commence, les gens prennent la parole chacun leur tour, seul les amis proches de Logan sont présents, je suis sûr que de là où il est, même s’il a le cœur serré comme nous tous et qu’il saigne, ça lui fait plaisir.
Ma sœur prend la parole.

« Adriana- Logan… Je… Je ne sais pas comment te dire à quel point je suis triste, la situation me dépasse. Tu étais encore parmi nous il y a quelques jours et maintenant tu n’es plus là. T’étais mon petit ami. Un ami à mon frère. Ça fait plusieurs années toi et moi et j’ai dû mal… À… À me dire que c’est terminé. On était tous certain de revenir à la maison en un seul morceau, mais le destin a frappé… Pour moi tu seras toujours là, je… Je t’aime… »

Adriana finit son discours les larmes pleins les yeux, puis se jette dans mes bras pour lâcher ce qu’elle a sur le cœur.

« Adriana- J’comprends pas Vincent, j’comprends pas… Pourquoi lui ? Pourquoi pas moi ? »

J’essaie du mieux que je peux de la réconforter, Alexia a refusé de dire quoi que ce soit, elle ne me semble plus là. Elle n’a pas l’air présente mentalement. C’est comme si que… C’est comme si qu’elle était partie elle aussi.

« Noah- Vieux frère… Tu nous manqueras. Il nous manquera à tous. Jamais je t’oublierais. T’es gravé dans mon cœur, tu as laissé ta trace d’un feutre indélébile, on se l’était promis tu t’souviens ? À jamais ouais… Pourtant t’es parti, je n’ai pas pu te dire au revoir, je n’ai pas eu le temps de te dire tout ce que j’avais sur le cœur, je n’ai pas assez profité, tu peux pas savoir à quel point je regrette… Je me voyais vieillir avec toi, prendre deux chemins séparer en restant inséparable… »

Noah commence son discours, un discours des plus poignant, avec celui de ma sœur et celui de ses parents, bien qu’ils n’en étaient pas très proche, mais il n’a pas pu continuer. Les émotions refaisaient surfacent de manière trop intense, quelque chose de dur et de difficile à gérer au point qu’il termine son discours avec un « j’peux pas, c’est égoïste, mais j’aurais voulu qu’il reste », mais nous le comprenons.

Mattew attrape Noah dans ses bras, c’est sans doute sa manière de dire « eh je suis là ne t’en fais pas ». Nous vivons tous très mal cet accident qui a eu lieu, mais qui n’aurait pas dû.
Adriana reprend sur elle et me lâche, pour me laisser m’exprimer à mon tour. Chérine s’avance avec moi, j’ai bien compris qu’elle n’aurait pas la force de faire un discours toute seule sans s’effondrer en larme, chose qu’elle déteste faire pas dessus tout et encore plus d’une manière publique.

« Moi- On en a vécu des galères, on en a vécu des bons moments. Moi comme les autres ici présent, on n’a jamais pu imaginer que ça se passerait comme ça, nous t’aimons tous et personnellement, je regrette aussi de ne pas t’avoir dit ce que j’avais à te dire lorsqu’il en était encore temps… Mais si j’ai bien compris quelque chose c’est qu’il est trop tard pour les regrets,
Nous devons avancer.
Adieu Logan…
Chérine- Tu n’as pas laissé ta vie pour rien, aujourd’hui tu es peut-être parti, mais tu es parti en héros. Grâce à toi, beaucoup on prit conscience des dangers de l’alcool, de là-haut, si tu m’entends, ne pleure pas de nous avoir laissé, tu resteras un héros à mes yeux, adieu Logan… »

Nous reculons, permettant aux autres de s’exprimer à leur tour, le simple fait d’avoir parlé me procure un sentiment bizarre, quelque chose qui m’est inconnu. Peut-être le fait d’avoir parlé à cœur ouvert ? Sûrement, je ne sais pas…

À l’heure qu’il est, tu as déjà dû rejoindre mon père, mais tout comme lui, tu es confronté au silence. Je ne serai jamais ce qu’il se trouve après et le plus dur dans le fait de t’avoir perdu et de savoir où est-ce que vous allez tous après la vie, c’est de renoncer. Renoncer à vous revoir, à vous parler, à planifier des journées telles que le 1er avril qui celui de cette année était le dernier… Renoncer à me dire que je ne saurais pas avant de mourir ce qu’est la mort. Renoncer à ta joie de vivre qui me manquera lorsque je n’irais pas bien… Tu en as vu des trucs toi, tu avais souvent le moral au plus bas, mais tu laissais toujours paraître la meilleure image de toi, celle d’un mec droit, honnête et heureux. Je dois renoncer à revoir cette joie de vivre, une joie de vivre que moi-même je pense avoir perdu.

Tu nous manques.

 

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