Une histoire préméditée : Chapitre 131

Point de vue de Chérine :

Vincent a insisté pour que je prenne rendez-vous chez un gynécologue pour avant toute chose s’assurer de mon état et de celui du… Bébé. C’est bizarre de se dire que je porte en moi, quelqu’un. Un être vivant que j’anime. Et puis, je me sens vraiment soutenue grâce à Vincent. Il s’est emporté au début, mais au final il a été génial ! Il a su m’apporter le soutien dont j’avais besoin et ça, je ne pourrais jamais assez le remercier, comme tout ce qu’il a déjà pu faire pour moi. Je lui ai dit que Logan est au courant, il ne m’en a pas voulu, il a compris. Mais il m’a dit de le garder pour moi pour le moment, ça pourrait dégénérer s’il venait à y avoir une fuite d’un quelconque moyen. Les informations tournent vite, ne l’oublions pas !


Vive les sweats qui permettent de dissimuler mon ventre ! Mais avec la chaleur, c’est pas facile. Surtout que malgré ça, on voit que j’ai pris des kilos.
Trois jours après cette discussion, trois jours qui m’auront permis de faire vide dans ma tête pour procéder à un trie et à une mure réflexion. J’ai vraiment très peur de consulter un gynécologue, moi qui en ai jamais vue ! Pas facile de parler de ces choses-là avec mon grand-père, ou du moins ça me gêne beaucoup, d’autant plus qu’avant cela je n’en voyais pas l’utilité, moi qui n’avais jamais eu de copain et qui ne compté pas en avoir de si tôt ! J’aimais ma solitude. Je l’aime toujours, mais je la hais lorsque je me tiens trop longtemps loin de lui. Vincent. C’est dingue à quel point ce gars me rend dingue, ça a beau être un merdeux impulsif, je l’aime pour ce qu’il est, j’ai appris à l’aimer, car aimer n’est pas quelque chose d’inné, ça s’apprend.

« Je te laisse trois jours » Qu’il m’a dit ! Mais trois jours c’est court.

« Je ne te forcerais pas à voir un gynécologue si tu n’en as pas envie, mais je te demande de faire un test avant toute chose pour savoir à combien tu en es, c’est important si tu comptes avorter, je serais là si tu le souhaites, je ne t’abandonne pas. »

Et après mur réflexion, j’ai décidé que ce n’était pas possible. Je ne peux pas devenir maman à dix-sept ans, je suis trop jeune, beaucoup trop jeune… Quelle vie apporterais-je à ce petit, moi ? Quelle vie ?

Allongée sur mon lit, la tête posée contre mon oreiller, les idées truffés de questions et les joues mouillées, j’attrape mon téléphone. Ça fait trois jours et je lui dois une réponse. Je lui envoie en message que je passe chez lui, c’est ce qui était convenu, sa sœur étant chez Logan et sa mère partie à l’autre bout du monde on sera tranquille, puis c’est flippant quand même ! Imaginez que je suis presque à terme ? Ça voudrait dire que tout va vite s’enchaîner et je ne me suis pas encore préparée à ça. Ça fait mal d’avorter ? C’est dangereux ? Je n’en sais rien… Et je n’aurais jamais imaginé me retrouver enceinte, pas maintenant, pas à cet âge !
Après être passé à la pharmacie acheter un test de grossesse, j’ai directement filé chez Vincent. Il est quinze heures et la journée en plus de ne pas être facile est encore loin de se finir.

« Moi- Salut…
Vincent- Ça va ? »

Je l’embrasse timidement, il me fait entrer et on se pose sur le canapé. L’ambiance est tendue, on sent que le stress s’accapare de la pièce.
Vincent me propose de jouer un peu et de boire quelque chose, j’accepte, on commence à jouer à Fifa, on y aura bien passé une heure, assez pour qu’on puisse se détendre et que j’ai envie de faire pipi. On m’a dit qu’il fallait le faire au 1er pipi du matin, mais après tout ça ne peut pas changer grand chose. J’en ai pris deux pour être sûr.

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Je lui ai dit que je comptais avorter pendant qu’on jouait. Je lui ai dit, « je suis trop jeune, Vincent » et ça, il l’a bien compris. De toute façon, il a dit qu’il respecterait mon choix et qu’il se contenterait d’être là. Il n’y a rien de plus formidable qu’il puisse me faire, vraiment !

« Moi- C’est le moment.
Vincent- Tu es sûr ? »

Je hoche la tête, il me prend par la main et nous nous dirigeons en direction des toilettes. Mon cœur se sert, nos mains emboîtées l’une dans l’autre deviennent moites, ma gorge est sec, mon cœur bat à cent à l’heure… J’ai peur.
Je sors le test de sa boite, je m’assois sur les toilettes le bat baissé et décapsule le test. Un dernier regard à Vincent, une dernière pensée à ma vie d’avant… Il est temps. Je place le test et urine dessus. Après mettre essuyée, l’avoir capsulé et mettre rhabillée, je l’ai posée sur le coin de l’évier et Vincent m’a pris dans ses bras.
Il faut attendre trois minutes.
Durant ces trois minutes, j’ai bien crus que je finirais par y rester, elles m’ont semblaient interminable, aussi interminable que la durée de toute une vie qui au final est bien trop courte pour ce que l’on pourrait en faire. Pourtant elles passent, tandis que nous restons bloqué dans cette angoisse.
Mes mains se mettent à trembler. Deux minutes se sont écoulées, plus qu’une.
Vincent prend soin de me rassurer, en me rabâchant que tout ira bien, que même si on est à la limite on prendra rendez-vous d’urgence chez un gynécologue pour programmer un avortement dans les plus brefs délaie. Il m’a aussi dit que je passerais en prioritaire par rapport à mon jeune âge.
Dans ma tête tous mes souvenirs passent en revue un à un, je vois ma vie défiler, j’ai les idées brouillées. Notre première rencontre devant le lycée, la première fois que nous nous sommes battu, notre premier jour de classe ensemble, la première angoisse de perdre l’autre suivie de notre premier rendez-vous, l’inquiétude, les questionnements, puis notre première soirée, notre première nuit chez l’autre, la première rencontre avec sa famille, puis la mienne, les coïncidences qu’ont pensaient nous être liés, puis la découverte de la réalité. Ce n’était pas simplement une histoire banale. Ce n’était pas simplement une histoire dingue et magique comme dans les films, non, ce n’était pas ça. C’était bien plus que ça. Cette histoire, la nôtre, était une histoire préméditée. Préméditée par une mère folle… Mais que nous avons bien eu au final !
Pourtant, j’ai le sentiment que tout n’est pas encore fini.
Ou que je ne sais pas encore toute la vérité, mais qu’il reste des choses cachées… Des choses dont je devrais en connaître l’existence et pourtant, le néant.
Je me rappelle de nôtre première nuit devant un ciel étoilé, de nos premiers fous rire, de notre première peur commune, de cette première fois où je ne nous ai sentis liée. Je me rappelle de cette fois où il m’a sauvé, cette toute première fois où il m’a emmené loin de tout, loin de ce que je connaissais et de ce que je pensais : ma mère. C’était notre tout premier voyage, le début d’une grande histoire, le début d’une rencontre hors du commun, de moment qui sort de l’ordinaire, le début d’un nouveau tournant dans notre vie, une vie que nous allons partager car c’est aussi la toute première fois que nous nous sommes liées. Les premières crises de jalousies, les premières disputes violente dicté non plus par la haine, mais par l’amour, la première fois que lui, que moi, nous tombions amoureux. La toute première fois que ce n’était plus elle, ce n’était plus moi, mais c’est nous. La toute première fois…

Les trois minutes ont passés. Je jette un dernier regard à Vincent et la boule au ventre regarde le test : Enceinte. 27-28 semaines.

Je regarde Vincent, complètement pétrifiée et lâche le test des mains.

« Moi- J’étouffe. »

Je me dégage de son étreint et quitte les toilettes, loin de ce maudit test. Je me dirige dans sa chambre à toute allure et me jette sur le lit en éclatant en sanglot.

« Moi- POURQUOI ? MAIS POURQUOI PUTAIN ?! QU’EST-CE QUE J’AI FAIS ! QU’EST-CE QUE J’AI BIEN PU FAIRE !? COMMENT C’EST POSSIBLE ?! Hurlais-je frappant de toutes mes forces sur le matelas. »

Vincent arrive en courant me retrouvant dans un état lamentable, à hurler, frapper, pleurer, jusqu’à m’en prendre à moi-même, à m’en prendre à l’être qui vit à travers moi en ruant mon ventre de coup aussi fort les uns que les autres, je me hais, je le hais bien plus que n’importe qui, je voudrais mourir, je voudrais qu’il meurt aussi, emportant sa vie avec la mienne.

*Point de vue de Vincent*

Chérine est dans un état d’hystérie profond, la colère la domine à un point tellement fort, tellement indescriptible que je ne suis même pas sûr d’arriver à la contrôler de moi-même.

« Moi- ARRÊTE PUTAIN ! ARRÊTE-TOI ! Criais-je, l’empêchant de se battre davantage. »

De toutes mes forces j’essaie de la contrôler, de la mobiliser un maximum, elle porte la vie en elle, la construction la plus naturelle qui soit et elle n’a pas le droit de se faire du mal, elle n’a pas le droit de se blesser comme elle le fait et même si je dois me faire rembarrer je le fais pour elle, je la protégerais à y laisser ma vie car je sais que le jour où elle ne sera plus là, même si je continuerais de vivre j’aurais un manque, un vide incomblable que seul elle pourra réparer, mais n’étant plus là je le porterais en moi aussi longtemps que je vivrais.

 

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