Une histoire préméditée : Chapitre 114

*Point de vue de Vincent*

Les retrouvailles qui suivirent avec ma mère et ma sœur ont été mémorable. Une longue discussion jusqu’aux coups de vingt-deux heures a suivi.

Puis l’étape rangement des affaires, et branchement du téléphone portable aussi.

« 142 messages »
« 706 appels manqués »

« Moi- Putain…
Carole (la mère de Vincent)- Ne jure pas ! »

Je regarde ma mère du coin de l’œil. Ça me fait repenser à la matinée où mon père… La dernière matinée que j’ai pu passer lorsque mon père était encore en vie.
Nostalgie, nostalgie, quand tu nous tiens…

« Adriana- On t’appelait pour entendre ta voix sur le répondeur… On espérait avoir un signe de toi… Tout le monde était terriblement inquiet. Nous, tes potes, les profs, les lycéens, tout ceux qui te connaissaient étaient morts d’inquiétude Vincent. »

Je verrouille mon téléphone et regarde Adriana, l’air déconcerté.
J’ai envie de prévenir la bande que je vais bien, que je suis en vie, que je suis rentré. Mais j’ai envie de leur faire la surprise !

« Moi- J’ai envie de faire la surprise aux gars et aussi à Alexia et… Tout le monde quoi. J’ai envie qu’ils sachent que ça va, que je suis là, qu’ils arrêtent de se faire du sang froid.
Adriana- J’ai une idée, si tu veux, mais je ne suis pas sûr que ça en soit une bonne. Dit-elle en regardant notre mère.
Moi- Dis-moi !
Adriana- C’est l’anniversaire de Noah aujourd’hui, on est le quinze mars tu te rappelles ?
Moi- Oh oui putain c’est vrai… J’avais zappé !
Adriana- Il fait une soirée pour son anniversaire, chez lui. 18 ans ça se fête ! Je devais y aller moi aussi, mais tu rentrais le même jour et il était hors de question que je loupe ça. J’ai d’abord inventé un mensonge, car on nous a donné l’ordre (les flics, vous vous doutez bien) de nous faire discret par rapport à votre arrivée. « On ne sait jamais », ont-ils dit.
Il va y avoir beaucoup de monde. Et je ne suis pas sûre que les flics arriveront à vous suivre dans un amas de jeune pétés, en restant discret.
Moi- Écoute, je suis en vie. Mattew y sera, j’en suis certain. Alexia aussi. Je dois les rassurer, je dois leur dire que ça va, je n’ai pas le droit de les laisser dans le doute comme ça. Il ne m’arrivera rien. On sera beaucoup trop, je connais Noah.
Adriana- Ok, mais je t’accompagne.
Moi- Faut pas se faire repérer, du moins moi, je vais leur faire la surprise. Vas-y d’abord toi, tu me reconnaîtras.
Adriana- Quoi ? Mais comment ?!
Moi- Tu verras… »

Ma mère me regarde sceptique. De toute manière elle sait qu’elle n’a rien à dire, je suis majeur et vacciné, alors bon… Et puis ce sont mes potes. Elle peut comprendre. Et elle sait qu’on rattrapera le temps perdu.
Je la prends dans mes bras, Adriana se joint à nous.

« Adriana- Bon, je vais me changer.
Moi- Euh, pardon ?
Adriana- Quoi ?
Moi- Pourquoi tu veux te changer ? T’as 16 ans ma pauvre, reste à ta place.
Adriana- J’ai envie de bien m’habiller, c’est un crime ?
Moi- T’es bien habillée, alors arrête ! Tu vas pas te mettre en robe, j’ai pas envie d’avoir une sœur qui ressemble à une pouffe !
Carole- Vincent !
Moi- Mais c’est vrai putain ! Elle est très bien comme ça pourquoi elle veut changer hein ?!
Carole- Vous prenez pas la tête ! STOP !
Moi- Bref elle reste comme ça, moi je vais prendre une douche et je vais me changer. Mais je te préviens que si tu ressembles à une… Je te fais allez te changer. Lui dit-je en lui lançant un regard noir.
Adriana- Tu me fais pas peur crevette. »

Je la regarde avec de gros yeux ronds. CREVETTE ?! MDRRR c’est une blague !

« Moi- Crevette ?!
Adriana- Bah oui qu’est-ce que tu crois ?! T’es beaucoup moins baraqué qu’avant hein… T’as perdu.
Moi- Pas pour longtemps. »

Je m’éclipse en attrapant un costume bleu marine et violet pour rendre la tenue plus classe et pars dans la salle de bain.
Ça me fait bizarre d’être ici… Chez moi. J’ai l’impression d’être partit depuis… Piouff. Des années. Je me demande aussi comment va Chérine. J’espère qu’elle va bien. Elle me manque… Et je dois avouer que ça m’inquiète un peu.

Une fois prêt et ma sœur déjà partie en bonne tenue (chemisier noir, veste en cuir, jupe longue grise avec des ballerines), j’attrape un masque, dit à plus tard à ma mère en l’enlaçant et m’éclipse dans la nuit noir.

Je vous passe le trajet ennuyant, j’arrive devant chez Noah. La musique est à fond, les boomers font trembler le sol, les murs et tout ce qui m’entoure.
Ça a l’air d’être une super soirée… 18 ans ça se fête pardi !
J’attrape le masque que j’ai pris et l’enfile pour ne pas être reconnu. Je tiens à leur faire la surprise.
Je traverse donc le jardin à la recherche d’Alexia, Noah, Mattew…
Il y a un monde de folie ! Comment est-ce que je vais leur mettre la main dessus ? En plus les gens me regardent d’un air curieux… Ils doivent sûrement se demander quel est ce barjo qui a décidé de se pointer masqué.
Je finis par me frayer un chemin parmi la foule et rentre à l’intérieur.
Adriana m’a vue, elle s’est retenue de rire cette dinde !
La musique est bien plus forte et l’ambiance est à son plein, lorsque je reconnais « au bar » (là où les boissons sont disposées vous vous doutez bien) la bande.
Submergé par une vague d’excitation je bondis sur une table, attrape un micro et en fait sortir un bruit tellement strident qu’on coupe toute musique laissant place à un calme me rappelant les deux mois et demi de calvaire.
Ma gorge se noue, tandis que tous les regards sont pointés sur « l’homme masqué ».
Rapidement la curiosité prend place. Laissant trôner un brouhaha que je fais taire d’un autre bruit strident.
Une fois le silence regagné, j’approche le micro du masque, vers ma bouche et m’exclame :

« Moi-Je suis de retour… Joyeux anniversaire Noah ! »

De là où je me trouve je remarque qu’Alexia a reconnu ma voix et que ses yeux se sont rapidement imbibés de larmes.
Je retire alors mon masque que je jette dans la foule et saute à même le sol.
Un tonner d’applaudissements prend place pour Noah, les regards remplis d’incompréhension me sont destinés lorsque Alexia se rue sur moi en larme, me serrant aussi fort qu’elle le peut pour s’assurer qu’elle ne rêve pas.
Mattew et Noah se précipitent aussi entre larmes et soulagement. On clos cette tragique histoire d’un câlin collectif. […] Ou du moins c’est ce que je croyais.
La musique reprend, je les entraîne à l’extérieur…

« Alexia- Putain dites-moi que je suis pas bourrée, dites-moi que je ne rêve pas putain ! »

Elle n’arrête pas de pleurer, ça me fait mal au cœur de la voir comme ça.

« Moi- Stop tu ne rêves pas je suis rentré, c’est finit tu entends ? Finit ! »

Mattew n’en croit pas ses yeux. Il est en état de choc.
Je le remarque à son regard perdu, à son expression heureux et triste, il est troublé, il ne sait pas quoi penser, il ne comprend pas, il ne comprend plus.

« Noah- Mais mec qu’est-ce qui s’est passé ? On te croyait mort bordel ! On te croyait tous mort ! Toi et Chérine !
Moi- Je vous expliquerais tout, c’est juré, mais ce soir c’est ton anniversaire, c’est ta soirée et je tiens à ce que tu profites. À ce qu’ont profitent tous.
Noah-T’es plus le même… J’ai l’impression de parler à un inconnu là. Tu pars en voyage, tu disparais, tu reviens sans forme, tu parles de manière plus réfléchi mais merde qu’est-ce qui s’est passé ?! On s’est tous inquiétés putain ! Et toi tu reviens comme ça ?!
C’est bon je me casse. »

Sans que je puisse le retenir, il retourne à sa soirée.

« Mattew- T’inquiète pas, ça lui passera… C’est juste qu’il ne comprend pas. J’ai rien dit pas rapport à… Enfin tu sais. On pensait tous que t’étais mort et le fait est que tu sois revenu comme ça pile le jour de son anniversaire, il a du penser que tu t’es barré faire la bringue sans donner de nouvelle. Il est sous le choc lui aussi… On l’est tous. »

Mattew a très bien compris que c’était de la faute d’Emy si Chérine et moi avions disparus du jour au lendemain. Il savait qu’elle avait peur, qu’elle se sentait épiée. Il savait.

« Alexia- Je dois te parler Vincent… Seul à seul. C’est important. J’aimerais que tu dormes à la maison ce soir…
Moi- Euh… Pas ce soir, mais viens chez moi si c’est important. J’ai envie de rester avec ma famille, tu comprends ? Mon chez moi me manque.
Alexia- D’accord… Merci. Dit-elle reniflant.
Moi- Bon ce soir on fait la fête ! »

Alexia n’a pas l’air du tout partante vue la tête qu’elle tire.
Elle est vraiment mal…
Tout comme depuis l’avant mon dépare.

« Mattew- Allez ! On se secoue on y va ! »

On entraîne la miss a l’intérieur et on se met à danser sur la musique.
Je dois avouer que je n’ai plus le même plaisir à faire la fête. C’est bizarre, mais j’ai l’impression que c’est différent.
Peut-être que les circonstances ne jouent pas en ma faveur qui sait… Mais je compte bien rester une certaine partie de la nuit. Hors de question de laisser rentrer ma sœur seule et encore moins d’abandonner mes potes comme ça, ils m’ont beaucoup trop manqué pour que j’agisse de la sorte.

 Cliquez ici pour lire la suite !

Laisser un commentaire