Une histoire préméditée : Chapitre 109

*point de vue de Vincent*

Avez-vous déjà connu cette sensation de perdre la personne que vous aimez le plus au monde ?
Une à une, les personnes disparaissent et quitte votre vie.
Elles partent, comme si qu’une malédiction c’était abattu et vous avez beau tout tenter, rien n’y fait.
Heureusement, elle est là.

Tout près, dans mes bras, serrer contre moi.
En vie.

Elle a fini par recracher l’eau qu’elle avait bue. Une eau qui n’était pas censée rentrer dans son corps, ou du moins pas de cette manière.
Elle n’est pas revenue à elle immédiatement. Il aura fallu plusieurs minutes avant qu’elle me dise quelque chose. Sa première réaction n’a pas été de se demander ce qu’il s’était passé, ni de parler et encore moins de savoir si elle était blessée. Non, elle n’a pas réagi comme ça. Elle a repris conscience petite a petit et elle est venue se coller contre moi, je l’ai donc prise dans mes bras.
Ce n’est qu’après, qu’elle a su m’adresser la parole. Je lui ai donc expliqué, soulagé qu’elle aille bien et encore plus d’être enfin sur la terre ferme. Vivant.

« Chérine- Je me sens prête à reprendre la route. Dit-elle avec appréhendant ma réponse.
Moi- Tu es sur ? T’as faillit mourir Chérine ! J’ai pas envie que tu tombes dans les vapes moi.
Chérine- Ça fait des jours, des semaines et peut-être même des mois qu’on risque notre vie à répétition ! Et à chaque minutes de plus, ce sera une minute de plus où on risquera notre vie. J’ai peur Vincent. J’ai envie de rentrer, de retrouver mon grand-père, d’avoir une vie normal sans me soucier d’une folle dingue qui me sert de mère ! Je te jure, je suis entrain de péter un câble. Parfois, j’aimerais mourir et ne pas avoir à vivre ce que je vis et ce que j’ai vécu. Tu peux comprendre, hein ? »

Je l’embrasse sur le front et la sers davantage dans mes bras.

« Chérine- Tu sais, quand je t’ai dit que j’avais peur de l’eau… »

Elle coupe sa phrase d’un silence, ce qui attire ma curiosité. Puis elle reprend :

« Chérine- C’est exactement pour ce qu’il vient de se passer. Quand j’ai plus mes repères, surtout visuellement, je perds rapidement mes moyens, je me mets à paniquer et mon cerveau ce met en mode « OFF ». Un trop plein de stress amène à une coupure du cerveau. C’est un système d’autodéfense, enfin même si la situation était mal choisit… Qu’elle idiote !
Moi- Oui t’es complètement idiote de croire que c’est de ta faute. J’étais là Chérine, j’ai vue la scène. Certes, tu es rentrée dans un état de panique à cause des circonstances, mais ton cerveau ne c’est pas mis « en pause » comme tu dis.
Tu t’es pris le rocher. Tu as perdues connaissance.
C’est pas de ta faute. Jamais je ne te laisserais affirmer des conneries pareil t’entends ?! »

Le regard qu’elle me porte me laisse entendre raison.

« Moi- On va y aller, mais avant… »

J’attrape le sac et en sors une pomme. Je lui tends et dit :

« Moi- Avant d’aller où que ce soit, tu manges ça. »

Elle me regard d’un air « t’es sérieux là ? », mais sachant que j’ai raison, elle s’empare de la pomme et dit :

« Chérine- T’es trop protecteur. Dit-elle mordant la pomme à pleine dent.
Moi- Et toi trop insouciante. »

Elle me regard d’un air de défis, attrape le sac et m’envoie une pomme.

« Chérine- Mange aussi. »

La pomme a perdu sa saveur juteuse, elle a pris un goût d’eau, le goût du vide.

« Moi- j’ai l’impression de manger du vent.
Chérine- elles sont dégueu’ hein ?
Moi- À choisir je préfère ça que le cassoulet dégueu’ qu’on a mangé tous les jours pendant… »

Je soupire et jette la pomme.
Chérine ferme le sac et enfile les sangles sur ses épaules.

« Moi- Tu as maigri…
Chérine- Toi aussi tu as maigri… »

Elle jette sa pomme dans l’herbe et se relève. Elle me tend la main, je la saisie pour m’aider à me relever.

« Cherine- On escalade et on suit la route. On se fait discret en vue des voitures et si ce n’est pas… On fait du stoppe. On trouvera bien quelqu’un qui nous prendra. »

J’ai très bien compris de qui elle parlait. Mais prononcer leurs noms n’apporteraient qu’un goût amer traversant nos gorges et des souvenirs douloureux.

« Moi- Qu’est-ce que je disais déjà ? Ah oui ! Insouciante.
Chérine- je ne suis pas insouciante. J’en ai juste rien à foutre de ce qu’il peut m’arriver après ce qu’on a vécu.
Je n’ai plus rien à perdre, moi.
Si je ne tente pas le tout pour le tout et qu’on s’en sort pas, qu’on nous retrouve ou que je ne sais pas… Je m’en voudrais. Et tu sais quoi, je n’ai pas envie de mourir comme ça. Dans l’amertume et le regret.
Si je dois vraiment mourir aujourd’hui, demain ou dans dix ans, c’est en aillant fait ce que je voulais faire. »

Je ne peux qu’approuver ses paroles… Tant de vérité dans une minute. Il est vrai que la vie reste épatante avant tout.

On finit par escalader pour rejoindre l’autre côté du terrain et prendre la fuite au plus vite. Je passe en premier, pour montrer la marche à suivre à Chérine, puis son tour vain. Elle escalade telle un chat, facilement, doucement, mais surement.
La terre ferme atteinte à son tour, elle me sourit, récupère le sac et nous reprenons la marche, en direction de, je l’espère, la ville.

« Moi- Chérine ? »

Une fois son attention captée, je poursuis.

« Moi- Tu te rappelles de ta phrase ? Celle là : L’espoir fait vivre, mais l’espoir est assassin. »

Elle hoche la tête.

« Moi- Tu sais, j’ai besoin de vivre et de nous savoir en vie, alors quitte à rester mort sur le coup, je préfère y croire jusqu’au bout. »

Elle laisse paraître un sourire. Ça fait tellement longtemps que je ne l’ai pas vu sourire… J’en souris à mon tour.

« Chérine- C’est une question de choix. »

Sur ces belles paroles, on poursuit notre route davantage.

La route est déserte.

Pas un véhicule à l’horizon, pas un passant… Soit on est vraiment dans un trou perdu, soit il se passe quelque chose de pas net… Mais quoi ?

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