Une histoire préméditée : Chapitre 106

*Point de vue de Chérine*

J’entends des bruits de feuilles, je sursaute.

« Moi- Vincent, Vincent, on c’est endormi réveille-toi ! Je crois qu’il y a quelqu’un, j’ai entendu du bruit ! »

Vincent sursaute lui aussi. Putain, on a fini par s’endormir… Le jour est déjà levé, on a dû dormir une bonne partie de la nuit. On c’est arrêté au beau milieu des bois. Un endroit plutôt calme, assez sombre, qui nous dissimule facilement dû à la masse de végétaux qui nous entoure.

« Vincent- Je ne sais pas ce que c’était, mais il faut partir. On a plus le temps. Il fait jour, on a déjà mangé la seule source de nourriture qu’on avait, on a plus de quoi boire et à peine de quoi se couvrir. Les autres ont dû gagner de l’avance, c’est une chance qu’ils ne nous ait toujours pas retrouvé ! Il faut partir Chérine, on a plus le temps ! »

Et le pire c’est qu’il a raison.

Je me sens comme une proie entourée de prédateur. Je sais que les fauves sont là, tout prêt, mais je ne sais pas quand est-ce qu’ils vont nous attraper. On ne sait pas… Et c’est bien pour ça qu’on doit faire au plus vite.

Vincent attrape ma main, le départ est lancé, on reprend la fuite. Heureusement qu’il ne fait pas trop froid… J’ai vraiment crue qu’on allait finir congelé cette nuit ! Les températures ont tendances à chuter le soir j’ai l’impression, d’autant plus qu’il a plu et que l’air est toujours humide. Ou soit, on est trop faible et plus sensible aux températures… Qui sait ?

« Vincent- On va tourner à gauche, ça n’a pas l’air sûr par là-bas…
Moi- Tu dis ça à cause des barbelés, hein ? »

Un léger sourire le trahit. Le genre de sourire qui signifie « Tu as raison ».

« Moi- Je pourrais passer par-dessus, j’en suis sûr !
Vincent- Non, c’est trop risqué, tu pourrais te blesser !
Moi- Mais non, je ferai attention ! Et puis c’est le meilleur moyen de brouiller les pistes ! Tu crois vraiment qu’ils vont se faire chier à escalader les barbelé ?
Vincent- Mmh…
Moi- Non, bien-sûr que non, ils vont se faciliter la tâche et prendre à gauche !
Vincent- Oui, mais s’il y a des barbelés ici, c’est qu’il y a une autre entrée. Imagine qu’on se retrouve nez à nez-à-eux ?
Moi- Dans tous les cas, qu’on passe à gauche ou à droite, on prend le risque.
Vincent- Tu es sûr d’y arriver ?
Moi- Oui et puis au pire tu m’aideras ! »

Il hésite. Je reconnais se regard… Il sait que j’ai raison, mais est-ce qu’il va me laisser entendre raison, ou bien est-ce qu’il va faire sa tête de mule par fierté pour avoir le dernier mot ? Je ne sais pas à quoi m’attendre avec lui. À vrai dire, je crois que je ne sais plus de quoi est capable chacun d’entre nous. Que ça soit Vincent, moi, ma mère, ou le chat du voisin de la boulangère. On croit savoir, mais au final on ne sait rien. Seul nous-mêmes avons accès à notre mode de penser et à notre mémoire. C’est la meilleure cachette au monde.

« Vincent- D’accord. »

Il soupire. On tourne à droite en direction des barbelés, c’est haut… On doit être à une hauteur de deux mètres/deux mètres vingt.

« Vincent- Tu es sûr ?
Moi- Certaine ! »

Il s’approche de moi et entrecroise ses mains pour me faire la courte échelle.

« Vincent- Mets-on pied ici, tiens-toi d’une main à mon épaule et de l’autre, tu t’attrapes où tu peux pour escalader sans te blesser. »

Il s’inquiète, c’est mignon…
Je fais ce qu’il me dit. J’ai conscience du danger, mais c’est le meilleur moyen qu’on a pour s’en sortir. Nous n’avons pas le droit à l’erreur.
Me voilà en équilibre sur une jambe, je tangue comme un bateau sur la mer.

« Moi- Quand je te dis go, monte-moi le plus haut que tu peux ! »

Vincent acquiesce. Je m’accroche aux barbelés malgré la douleur et envoie le signal à Vincent, qui celui-ci s’exécute.
Je pousse un cri de douleur et retombe de l’autre côté.

« Vincent- Ça va ?!
Moi- Oui oui… »

Vincent me regarde d’un air du genre « tu te fous de ma gueule ».

« Vincent- Je vois le sang qui coule de tes mains… »

Je baisse les yeux pour regarder mes blessures et tire une grimace. Bon sang que c’est moche ! ((c’était monsieur de jeu de mot mdrr)).

« Moi- Oh ça… Mais ce n’est rien je t’assure. Seulement un peu de sang ! C’est du barbelé je te rappelle…
Bon, tu passes ? On n’a pas le temps de traîner, j’ai soif, j’ai faim, je veux trouver de l’aide, je ne me sens pas bien… »

Il me fait un sourire compatissant et se décide et à me rejoindre.

Il se recule pour prendre de l’élan et de se fait mieux franchir l’obstacle, se met à courir, saute, attrape les barbelés et d’un mouvement de bassin passe de l’autre côté. Il atterrie par une gamelle sur la terre ferme.

« Moi- Ça va ? »

Il a les dents serrés. Sa mâchoire est contractée, je le vois bien qu’il essaie de dissimuler sa douleur.

« Vincent- Oui oui, fait voir tes mains ! »

Quel lourd !

« Moi- Je vais bien ! Allez, on doit reprendre la route.
Vincent- Chérine t’es mains s’il te plaît.
Moi- Ne fait pas ton lourd, allez ! »

Il fronce les sourcilles.

« Vincent- Je ne bougerais pas d’ici sans avoir pris la peine de voir tes mains.
Chérine- Tiens les voilà mes mains. Dis-je en lui montrant, exaspérée de son insistance. Je rajoute : De toute façon, ça ne pourra jamais être pire de ce qu’on vient de vivre. Je suis vaccinée à une grande majorité des choses je crois…
Vincent- Mais pas des maladies. Tu as été vaccinée contre le Tétanos ?
Moi- Euh… Sûrement.
Vincent- Oui ou non ?
Moi- Je ne sais pas !
Vincent- C’est dangereux. On ne sait jamais, on est dans la saison des pluies, les barbelés ont peut-être de la rouille et toi tu t’es coupée à plusieurs endroits. Tu devras faire des tests.
Moi- Déjà il faudrait s’en sortir.
Vincent- On s’en sortira, je te l’ai promis. Allez, il est temps de reprendre la route. »

On part en direction du nord cette fois-ci. La sortie devrait être quelque part par là… Enfin c’est ce qu’on en a conclu grâce au premier chemin, avant de se jeter dans les bois. Il allait en direction du nord. Donc à moins que ça mène à un cul de sac, ça ne doit être que la sortie !

*Point de vue de Vincent*

Je tiens Chérine par le poignet pour qu’on reste bien ensemble. Ses mains sont bien trop esquintés… Les miennes le sont pas mal aussi, mais je sais que je suis vacciné.

On traverse la forêt, on a l’air d’arriver au bout, la végétation est moins abondante par ici et plus on avance, plus elle diminue. On finit par arriver sûr une grande plaine, avec de l’herbe partout, avec un assez grand lac. Le terrain est vide, il y a un vieux cabanon, des pommiers, des tiarés (fleur Réunionnaise)… C’est magnifique !
L’eau à l’air net, les pommiers sont en réalité seulement quatre arbres sur un immense lieu. La barque qui se trouve près du ponton à l’air tout aussi vieille que le cabanon. L’endroit est vieux, tranquille, idéale pour retenir une personne prisonnière sans avoir pour risque des voisins bien trop curieux qui pourrait tout faire capoter.
Le lieu à l’air tranquille et éloigné de tout. J’ai très bien compris que nous n’avons toujours pas quitté le terrain de là où nous étions séquestré. Et cette sortie on se doit de la trouver si on veut survire.

« Chérine- De l’eau ! »

Chérine se détache de moi et se met à courir en direction du lac. Je la suis, mais je garde mes distances. Je prends surtout le temps d’observer pour une fois… La peur ne me quitte pas.
Je m’accroupis et m’abreuve, putain ça fait du bien ! J’ai l’impression de revivre tellement j’avais soif ! Chérine se relève, je me demande bien ce qu’elle va faire. Je lui pose la question, mais elle me fait signe de la suivre sans un mot. Je m’exécute, on a l’air de se diriger vers les pommiers.

« Chérine- Fais-moi la courte échelle ! »

J’ai compris où est-ce qu’elle voulait en venir. Elle veut récupérer des pommes ! Je lui fais la courte échelle, tandis qu’elle en décroche une bonne quinzaine. Je la repose à terre, on finit par en manger une bonne dizaine, puis une idée me vient à l’esprit.

« Moi- Eh ! Et si on allait voir au petit cabanon ? Il y a peut-être quelqu’un, une radio, ou n’importe quoi qui puisse nous être utile à l’avenir !
Chérine- Vas-y seul alors. Moi, je me charge de récupérer quelques pommes, faire le gai et de chercher par où on va partir. On ne va pas traverser le lac quand même ! Il en est hors de question. »

Je grimace. Cela aurait été la meilleure des choses à faire à mon humble avis. Enfin bon, je ne vais pas la forcer non plus… J’hoche la tête et pars voir ce qu’il s’y trouve dans cette étrange petite cabane en bois.
J’arrive enfin devant l’entrer. Je parle, je ne parle pas ? Je toque, je rentre directement ? Quel choix choisir ? Je me décide de frapper avant tout. Personne…

« Moi- Il y a quelqu’un ? »

Toujours pas de réponse, je me décide à entrer. La porte étant verrouillée, je me recule et l’ouvre à coups de pied. Nous n’avons pas de temps à perdre. Le temps est compté.
Personne.
La cabane est vide, en plus d’être en bordel totale. Pas facile de s’y retrouver… J’attrape un vieux sac à dos noir, que j’ouvre pour en regarder le contenue. Il est vide. J’attrape la boite de lentille qui traîne sur le bureau à ma gauche, ainsi que la bouteille vide. Je fouille furtivement dans les tiroirs avec pour espoir de tomber sur une radio, mais j’ai beau chercher, cette radio reste inexistante. À force de chercher partout, je tombe sur un chargeur. Dans ma tête, le rapprochant se fait immédiat. Et si cela pourrait charger le portable d’Arthur ? Je le saisie, prends le téléphone et l’accorde au portable. ÇA MARCHE ! PUTAIN IL Y VA ! Il me faut du courant ! Dites-moi que dans cette maudite cabane, il y a du courant !
Je fouille un peu partout, envoyant des objets valser pour me donner de la place avec pour espoir de trouver une prise électrique.

« Chérine- Qu’est-ce que tu fais ?!
Moi- Je cherche une prise électrique, j’ai trouvé un chargeur qui va avec le téléphone ! »

Je croise le regard de Chérine, qui celle-ci reste figée l’espace d’un instant, puis se met à me dire « Il faut partir Vincent, on n’a plus le temps, laisse tomber ». Je l’interroge du regard, mais elle ne me répond pas. Elle met les pommes dans le sac noir de manière précipité, le referme et le met sur ses épaules, quand tout à coup, on entend des voix.

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