Une histoire préméditée : Chapitre 102

*Point de vue de Vincent*

Chérine a finit par s’endormir dans mes bras, exténuée.
Elle m’a fait tellement de la peine… Ça m’a rendu tellement mal de la voir dans un tel état. Au plus elle disait mon prénom, au plus mon cœur se serrait, au plus elle pleurait, au plus j’avais envie d’arranger la situation, mais la réalité étant que nous ne pouvons rien faire. Quoique ça, ce n’est pas sûr… Je dois absolument faire quelque chose.

L’avoir vu à un tel point désemparée, détruite, meurtrie à cause de sa propre mère principalement… Non, je dois faire quelque chose. Je dois le faire. Pour elle. Pour son grand-père. Pour moi. Pour nous. Pour mon père. Et d’autres encore…
Je soulève délicatement la tête de Chérine se trouvant sur mon épaule et la pose tout doucement à côté de moi pour ne pas la réveiller.

Mission 1 : Me lever.

Ça semble facile comme ça, mais c’est bizarre. J’ai du mal à me rappeler de tout ce qui c’est passé, c’est comme si qu’on m’avait effacé la mémoire volontairement. Et puis, je n’ai pas non plus une vision très nette, dans le sens où dès que je m’active trop, ma vision se trouble instantanément et me conduit à la limite du malaise.
Je prends sur moi et me lève. Ma tête tourne, elle tourne… J’essaie de rester debout, de maintenir un certain équilibre. Allez Vincent, c’est comme un combat de boxe. Tu t’es pris des coups, tu ne comprends rien à ce qu’il se passe actuellement dans ta vie, mais tu dois rester droit. T’as pas le droit de chuter. Tu veux perdre un combat ? Non ? Alors reste debout !

Mission 2 : Prendre des notes et observer.

Imagine que t’es dans le cours de Français de cette p*te de prof et que tu as un examen. Allez, c’est le bac, il faut pas que tu foires Vincent… La question est : « Décris et développes ce qu’il y a autour de toi. »
Il y a… Putain, mais pourquoi je n’ai jamais écouté ses putains de cours ?! Je ne sais pas ce qu’il y a moi ! Il y a Chérine, un matelas, quatre murs dont un qui n’en n’est pas vraiment un, une bouteille d’eau, une table, des feuilles, des stylos, des toilettes et c’est tout ! Comment développer ça ? C’est juste pas possible !
Putain, on va crever ici. On va vraiment crever ici…

*Point de vue de Chérine*

Plusieurs heures ont passés. Je ne sais pas depuis combien de temps je dors, mais assez longtemps pour que je ne subisse plus le mal à la tête que j’avais avant de m’endormir. Vincent n’est pas là. Pourtant, j’étais persuadée de m’être endormi assise, à moitié sur lui. Perplexe, j’ouvre les yeux. Vincent est là. Juste en fasse de moi. Il se tient debout, mais légèrement abaissé comme si il écrivait quelque chose sur la table.
Il se retourne.

« Vincent- Ah, t’es réveillée… Ça va mieux ? »

Je peux sentir au son de sa voix qu’il a peur. Il a peur que je retape une crise comme la fois précédente… Je tente de lui faire un léger sourire, histoire de le remercier d’être là, de veiller sur moi, d’être présent et d’être aussi parfait qu’il l’a été pour moi. Tout comme il la été pour me sauver la vie quand j’avais l’arme de ma mère dans la bouche… AH MAIS OUI ! JE ME RAPPELLE !

« Moi- Je me rappelle de ce qui c’est passé ! Je m’en rappelle ! Vincent je m’en rappelle ! »

Il arrête immédiatement ce qu’il est entrain de faire et il s’avance vers moi. Il a l’air de tenir droit… Contrairement à d’autres qui ont été obligé de ramper comme une merde au sol…

« Vincent- Calme-toi. Je suis là, ok ? C’est cool si tu t’en souviens, mais il ne faut pas que tu te brusques. Je ne veux plus jamais au grand des jamais te revoir dans un tel état… Je suis là, ne l’oublie pas. »

J’essaie de lui sourire pour le remercier, je ne sais pas vraiment quoi dire, ou du moins… J’ai surtout peur de marmonner un truc incompréhensible car je sais que si je parle, je vais pleurer. Les larmes me sont montées et il m’est difficile de les retenir…

« Vincent- C’est quoi cette grimace là ? »

Il rigole.

« Moi- Euh… M… Mais qu’elle grimace ?!
Vincent- Celle que tu viens de faire.
Moi- Mais je n’ai pas fait de grimace !
Vincent- Bah si !
Moi- Bah non !
Vincent- Bah qu’est-ce que t’as fais alors ?
Moi- J’ai souris !
Vincent- Bah ton sourire il pue le fake !
Moi- Mon sourire il t’emmerde ! Dis-je en rigolant. »

Et le pire c’est qu’il n’a pas tort…

« Vincent- Ça c’est un vrai sourire ! Dit-il en me souriant, tout content de m’avoir fait sourire. »

Même dans le pire des contextes, il arrive à me donner un brin d’espoir… Et rien que pour ça, il est merveilleux.
Surtout lorsqu’on connaît mon point de vue sur l’espoir.

« Vincent- Ça va mieux ?
Moi- Je crois.
Vincent- Écoute, je ne sais pas combien de temps on a devant nous. Je ne sais même pas ce qui nous attend, mais on doit essayer de faire le plus vite possible. Tu te rappelles de quoi exactement ? Avant qu’on se retrouve ici, bien évidement.
Chérine- Je me rappelle qu’après que tu aies bu, on m’a demandé de boire aussi. De là, il y a eu une dispute entre ma mère et Estelle je crois… Estelle disait sortir avec Anthony à ce que j’ai compris, sauf qu’Anthony n’a pas pris sa défense et il s’est rangé du côté de ma mère. De là, j’ai commencé à me sentir bizarre et à partir de là, tout devient flou, mais j’arrive encore à me rappeler de quelque truc. Ils ont dit « que ça avait l’air de bien faire effet » et j’ai aussi réussi à comprendre qu’ils voulaient nous changer de lieu. Et c’est apparemment ce qu’ils ont fait.
Vincent- Je ne me rappelle pas de ça…
Moi- Ah bon ? Dis-je surprise.
Vincent- Non, ça ne me dit vraiment rien… Tout se brouille à partir du moment où j’ai bue.
Moi- Je crois savoir ce qu’il y avait dedans de la bouteille…
Vincent- Quoi ?
Moi- De l’eau et du LSD. C’est logique. Le mal de tête, tout ça… Vincent, j’ai l’impression de revivre les choses en boucle. Au final, j’ai l’impression de ne plus arriver à faire la différence entre mes cauchemars et la réalité… Je suis littéralement paumée…
Vincent- Hé, hé, je suis là, calme-toi. »

Il plonge son regard dans le mien pour tenter de me rassurer. Ça m’agace qu’il arrive à avoir cet effet aussi apaisant sur moi, grr ! Il m’énerve ! Mais je l’aime, malgré tout.

« Moi- Désolée…
Vincent- Arrête de t’excuser, vas. Ce n’est pas de ta faute, tu le sais très bien.
Moi- Bah…
Vincent- Je t’interdis de dire le contraire ! Je te rappelle que si je t’avais crue, on n’en serait pas là.
Moi- Tu ne pouvais pas savoir.
Vincent- Mais toi tu savais. J’aurais dû te croire.
Moi- Je n’étais même pas sûre à cent pour cent ! Arrêtes maintenant !
Vincent- Toi arrêtes ! J’aurais dû t’écouter, j’aurais dû me méfier, j’aurais dû être prudent, j’aurais dû faire gaffe, j’aurais dû… J’aurais dû, ouais.
Moi- Ce qui est fait et fait. »

*Point de vue de Vincent*

Je me tais. Après tout, elle n’a pas tort… D’ailleurs, ça me fait rappeler quelque chose…

« Moi- Je peux te poser une question ?
Chérine- Je t’écoute.
Moi- Lorsque Estelle a débarquée, tu te doutais qu’elle été mêlée à ça ?
Chérine- Vincent, il faut que je te dise quelque chose…
Moi- Quoi ?
Chérine- Je n’ai jamais vraiment sentie Estelle.
Tu te rappelles lorsqu’on été dans le Jacuzzi avec Julia, son copain, Mattew, Tatiana… ?
Moi- Oui, eh bah ?
Chérine- Je voulais te dire un truc. Sauf que, je n’ai pas osé.
Moi- Tu me fais peur là… Qu’est-ce qui a ?
Chérine- Je… Tu te rappelles lorsque je suis partie ? J’ai dis que j’allais au toilette.
Moi- Euh… Ah oui ça me reviens ! J’avais trouvé ça vachement louche que tu partes comme ça d’ailleurs, je t’avais trouvé bizarre sur le moment… Dis-je un brin hésitant.
Chérine- Je suis partie par rapport à ce qu’a dit Arthur. Ça m’a fait peur, car je pensais me faire des films de fou, mais je me rends compte que j’avais raison…
Moi- Comment ça ? Je ne comprends pas.
Chérine- Arthur disait qu’Anthony était en couple, qu’ils avaient un grand écart d’âge et que la fille était souvent à l’hôtel. Jusque là, tu me suis ?
Moi- Euh… Oui.
Chérine- Tu te rappelles aussi, un peu avant ça, le soir où on avait parlé dans l’herbe.
Moi- M’oui, peut-être. Bref, viens-en aux faits.
Chérine- Ce soir là, en rentrant à l’hôtel, j’ai fais des grimaces à la camera juste au dessus, vers le bureau d’Estelle, qui celui-ci était étrangement vide. Je m’en rappelle très bien, la porte était ouverte, elle n’était pas dans son bureau puisqu’elle était avec Mattew dans la chambre et dedans le bureau, il y avait un carton avec toutes ses affaires et quelques trucs en plus du carton sur le bureau, posé en vrac.
Moi- Ce qui veut dire ?
Chérine- Ce qui veut dire qu’Estelle ne travaillait déjà plus à l’hôtel depuis deux semaine ! Elle était souvent à l’hôtel et elle avait l’air d’avoir presque finit ses cartons car le bureau était à moitié vide. Ce qui voudrait dire que depuis le début on se fait manipuler Vincent ! Le début !
Moi- Mais ouais, t’as raison en plus ! Dis-je, réalisant la chose.
Chérine- Et le pire c’est que je croyais me faire des films… Tu te rappelles la dispute quand on a connu Anthony et Arthur ? Il me semble que personne avait dit mon prénom. Personne. Pourtant, en partant, il a dit mon prénom. Il le savait ! Il me connaissait déjà ! Vincent, on est dans la merde. On est vraiment dans la merde ! Je ne disais rien car j’avais tellement peur de ne pas être crédible… Et au final, je t’en ai parlé, un peu tard, mais je l’ai fait et regarde comment on a finit. On se retrouve dans une genre de cave. Il fait froid, on ne sait pas ce qu’on fout là et on ne sait pas comment on va s’en sortir…
Moi- Chérine ? Je peux te dire un truc moi aussi ?
Chérine- Oui, vas-y.
Moi- Quand j’ai bu dans la bouteille. Je ne sais plus si c’était avant ou après, mais à un moment donné, j’ai cru voir de l’espoir dans tes yeux. J’ai cru voir en toi la battante que tu es renaître de ses cendres tel un phénix. J’aimerais que tu me dises si c’est la folie qui m’a fait parler, ou si j’avais raison ? »

Elle sourit.

« Chérine- Je ne me rappeler même pas de ça… Mais… Mais maintenant que tu le dis, oui, l’espace d’un instant j’ai eu envie de me battre. Tu n’es pas fous, c’est moi la folle dans l’histoire.
Moi- Alors on est tous les deux fous. Et je ne te laisse pas le choix !
Chérine- Ha ha, ha ha, ha ha. Très drôle. Dit-elle entrecoupant chaque silabe avec un silence.
Moi- Plus sérieusement, pourquoi tu parles au passé comme ça ? On peut s’en sortir Chérine. Je te jure que si on y croit, si on y met du cœur, si on tente le tout pour le tout et qu’on fait les choses intelligemment, on a une chance. Et puis, je m’en fous d’avoir une chance ou pas, je veux essayer, un point c’est tout. Et même si tu ne veux pas essayer avec moi, je me battrais pour nous. J’ai fais une promesse Chérine, j’ai promis à ton grand-père de veiller sur toi. Et cette promesse, je l’honorerais aussi longtemps que j’en aurais les capacités. C’est la première fois, la toute première fois qu’une fille compte autant pour moi de cette manière là.
Tu es là seule.
Et je ne veux pas te perdre. Je ne veux pas mourir non plus, car si je meurs, je te perdrais en quelque sorte, même si c’est plutôt toi qui me perdrait…
Chérine- Je ne veux pas te perdre Vincent. Dit-elle en me coupant la parole, elle poursuit : Pour moi aussi, c’est la toute première fois qu’une chose comme ça se passe. Et je te l’ai déjà dit d’ailleurs… C’est tellement fort que ça en devient flippant. Tu n’imagines même pas à quelle point ça m’avait rendu folle de te voir dans les bras de Tatiana…
Moi- Alors c’est pour ça que tu été aussi… Bizarre. Dis-je en me parlant à voix haute.
Chérine- Exactement. Et tu te rappelles ce que te disais Julia ? La plupart été des messages subliminaux. Elle avait compris. Elle savait qu’il y avait un truc entre toi et moi et elle a essayée de faire avancer les choses car on ramait pas mal j’ai l’impression…
Moi- Tu sais que je n’aurais jamais imaginé en être là au jour d’aujourd’hui ?
Chérine- Et bah tu sais quoi ? Moi aussi. »

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