( Je comprendrais qu’ils ne veulent pas me parler, ça fais quand même cinq longues années que je ne l’ai ai pas vu alors ils vont être clairement choqué en me voyant et je me demande vraiment comment ils vont réagir.

Bien ? Mal ? Ils vont me rejeter ? Ils vont m’accepter ? )

Nous sommes tout les deux devant la maison de mes parents, celle ci n’a clairement pas changé, c’est comme si je ne l’avais jamais quitté, je me rappelle de tout à chaque détail près et rien, rien n’a changé, vraiment rien, il y a toujours ce petit portail blanc juste devant la porte, cette petite fontaine d’eau toujours aussi propre et les magnifiques fleurs de ma maman.

Je souris face à cela.

Je fait quelque pas vers le portail, je pose ma main dessus et je regarde droit devant moi. Je ne me sent vraiment pas prêt, je n’ai pas le courage qu’il faut pour réussir à frapper à cette foutu porte et faire face à mes parents, je ne peux pas me mettre à leur place mais je sais pertinemment que je leur ai fait énormément de mal, j’ai vraiment été con !

Je fais quelque pas en arrière mais Naya me retient le bras en me regardant droit dans les yeux.

– Je-Je, C’est trop dure …

– Je sais … mais je reste avec toi, je suis là ok ? Tu va y arriver.

Elle se met sur le pointe des pieds et elle dépose un petit bisou innocent sur ma joue droite puis elle presse la poignée. Du haut de mes vingt trois ans, je ne suis même pas capable d’affronter la vie, je ne suis même pas capable d’assumer mes conneries de jeunesse, tellement pathétique … Je viens de sortir de prison, j’y ai passé une bonne partie de ma jeunesse et désormais je suis dehors sauf que je n’ai plus rien, je n’ai pas mon Bac, je n’ai pas de travail, ni d’argent et encore moins de petite amie ou quoi que se soit d’autre. Et, d’un côté, je me dis que si Naya a réussi à me pardonner après tout ce que je lui ai fait, mes parents peuvent le faire aussi sauf que c’est quelque peu différent car ils me pensent mort depuis un peu plus de cinq ans. Quand j’ai été arrêté, ils n’ont pas prévenu mes parents et je dois bien avouer que ça m’arrangeait car je n’avais pas envie de les voir mais avec le recul, je me dis que c’était une belle et grosse connerie.

Je prend mon courage à deux mains et je sonne à la porte de la maison en espérant qu’ils soient tout deux à la maison. Quelques minutes plus tard la porte s’ouvre sur un bel homme qui a pas mal de cheveux blanc mais qui est toujours aussi beau, mon portrait craché ! Puis derrière, je vois apparaître une petite femme avec une petite coupe au carré et des cheveux très noir, maman … à cet instant mon souffle se coupe, qu’est ce que ça me fait du bien de les revoir, c’est comme si je pouvais enfin respirer pleinement après de longue années d’apnée, je revis.

Les yeux de mes parents jonglent entre Naya et moi, quand ils croisent ceux de la jolie jeune fille à côté de moi, leur sourire s’agrandit et ma maman tend ces bras vers elle, du coup, Naya s’approche en souriant et elle va se réfugier dans ses bras puis mon père lui fait une petite accolade. Pour ma part je n’ai pas décroché un seul mot, ni même pour dire bonjour au moment où ils nous ont chaleureusement ouvert la porte, je suis resté à les regarder sans bouger … tandis que Naya et ma maman commençaient déjà à se raconter plusieurs choses.

– Oh Naya, ça fait tellement longtemps ! Comment vas tu ? Demanda ma maman en nous entraînant à l’arrière du jardin, là ou il y a une table et des fauteuils.

– Je vais bien merci et vous ?

– Et bien écoute, on fait comme on peut. Répondit-elle avec un léger sourire.

Ce sourire est juste horrible à regarder car je sais ce qu’il signifie, je sais très bien qu’elle fait allusion à moi en disant cela et c’est très désagréable. Mon papa me passe la main dans le dos pour me faire comprendre que je peux m’asseoir alors c’est ce que je fais. Ils sont toujours aussi accueillant avec les inconnues, ils sont formidables … pourquoi je leur ai fait ça ? J’avais de merveilleux parents qui ont toujours été là pour moi, ils m’ont tout donné, autant en amour que en argent ou autre, je n’ai jamais manqué de rien, nous étions heureux, ma sœur, mon frère et moi, je les aimais tellement … mais j’ai tout gâché, comment ai-je pu faire cela ? Je me le demande.

La voix tremblante de ma maman me sort de mes pensées.

– Ça fais longtemps que nous ne t’avions pas vu sur la tombe de Liam, tu n’y vas plus ?

Aie, touché…

Naya me regarde avec un regard triste et je comprends que c’est désormais à moi de prendre la parole, il est temps qu’ils apprennent la vérité même si ça ne va pas être facile à entendre…

– Euh… d’ailleurs à ce propos … Commença Naya mais je la coupe.

– Laisse Naya, c’est à mon tour de parler maintenant.

Mon papa et ma maman me regardent tout les deux avec incompréhension tout en regardant Naya de la même façon mais elle évite leur regard. Elle pose sa main sur la mienne, sûrement histoire de me motiver, je souffle un grand coup et je prends la parole.

– Vous me faites peur les enfants, qui a t-il ?

Maman ne complique pas les choses je t’en supplie…

– Il faut que je vous dise quelque chose et avant toute chose, je voulais vous présentez mes excuses, je suis sincèrement désoler pour ce que je vous ai fait vivre pendant toutes ces années, j’ai fait n’importe quoi et je ne mérite pas votre pardon, seulement vous me manquez et je m’en veux terriblement….

– Ou veut tu en venir jeune homme ? M’interrogea mon papa.

Je me rend compte, sans grande surprise que aucun des deux ne m’a reconnue et je dois bien avouer que ça me fait un petit pincement au cœur car ma maman m’a mie au monde, elle devrait me connaître mieux que quiconque mais apparemment, ce n’est pas le cas …

– Je ne sais pas trop comment vous dire les choses…

– C’est Liam.

Ok, Naya n’y va pas part quatre chemins… Je la regarde et je la foudroie du regard, ce n’était pas à elle de le dire, c’était mon moment putain ! Je peux comprendre qu’elle ai voulu m’aider mais ce n’était pas la meilleure façon de m’aider.

Ma maman se lève, elle se dirige vers moi tandis que la tasse de mon père s’écrase au sol, il tremble. Une fois que ma maman est proche de moi, elle dépose délicatement sa main sur mon visage, elle me caresse le visage comme elle sait si bien le faire puis elle me gifle … et elle se met à crier comme une folle.

– Comment pouvez vous ? Comment osez vous venir chez moi pour me faire croire que mon fils est vivant ? Naya j’ai été là quand tu avais besoin de soutien et c’est ainsi que tu me remercie ? tu sais très bien à qu’elle point j’étais mal et tu oses remuer le couteau dans la plais ? Je n’en reviens pas, sortez de chez moi ou j’appelle la Police !

La tristesse s’empare de moi, je savais que ma maman n’allait pas me sauter dans les bras car c’est difficile à croire que après toutes ces années je sois vivant mais je ne pensais pas qu’elle réagirait de cette manière. Elle cri, elle pleure et elle exprime toute la rage et la tristesse qu’elle ressent depuis longtemps …

Mon papa se lève et il prend sa femme dans ses bras, je souris face à leur complicité qui n’a pas changé, ils s’aiment toujours autant et ça me fait plaisir que rien n’ai changé entre eux. Il tourne le regard vers moi et il me sourit discrètement, est ce qu’il me croit ?

– Maman… je peux t’emmener des tests pour te prouver que je dis vrai. J’ai fait mon imbécile étant jeune, j’ai voulu que Logan aille en prison et il y est aller sauf que tout s’est retourné contre moi, je viens tout juste de sortir de prison, s’il te plaît croit moi …

– Ne m’appelle pas « Maman », je ne suis pas ta mère, j’avais trois enfants et je n’en ai plus que deux, tu m’entends ? j’ai perdu mon fils et jamais plus je ne le verrais alors sors de chez moi !

– Marie crois nous … Tenta Naya.

– Sortez !

Naya passe ses pouces sous mes yeux et je ne comprends pas trop pourquoi elle fait ça puis après, je me rends compte que quelques larmes sont en train de s’échapper de mes yeux. Je me sent tellement mal, tellement coupable, c’est à cause de moi si elle est dans cet état là.

– Maman on est là !

Je reconnais cette voix de garçon, cette voix qui a quelque peu mué mais je sais pertinemment que c’est lui, Léo, mon frère. Il arrive sur la terrasse et son regard se pose sur Naya ce qui lui fait décrocher un sourire puis il me regarde et il se décompose. En second lieu, juste derrière, je vois ma petite sœur apparaître, enfin elle n’est plus si petite. Son regard se cale dans le mien et elle tombe à terre en soufflant « Liam ».

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